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24 mars 2007 6 24 /03 /mars /2007 01:38

L’autosatisfaction des élites, la poisse de l’engluement spirituel. « Si vous voulez faire vos études à Paris, venez à Sciences Po ! » disait Richard Decoing. A qui croyait-il parler ? Comme trop de Français, le président de Sciences Po pense que les étudiants chinois rêvent d’aller à Paris, ou même qu’ils sont attirés par la France, par les splendeurs de la capitale, alors que ce type de désir ne résiste pas beaucoup une fois que les relations avec les Chinois dépassent les formules de politesse des rencontres diplomatiques.

Decoing a parlé du taux d’échec des universités françaises. Qu’est-ce que l’échec d’une université ? L’absence de préparation à la vie professionnelle. Le mot est lâché, pour lui comme pour tant de gens : l’éducation, l’enseignement est vu sous l’angle de l’utilité sociale. On fait des études pour avoir un bon travail, voilà une idée contre laquelle je me battrai toujours, à armes inégales. L’université n’est pas un centre de formation, ce n’est pas une école professionnelle. Qu’on me permette de citer l’Encyclopaedia Universalis, l’université a une triple fonction : « la transmission, la création et la mise en question du savoir. » Dans l’optique commerciale de Decoing, Sciences Po remplace le savoir par des techniques utilisables en entreprise. L’époque actuelle va dans ce sens : la création du savoir (la recherche) et sa mise en question (le travail critique des étudiants, leur méfiance, leur révolte potentielle, leurs désirs de vérité) n’ont plus vraiment de place, ce qui est tragique, à mes yeux.

 

Decoing affirme que la situation est explosive en France. Les diplômés sont « amers » car ils n’ont pas d’emploi. Voilà un sentiment que je n’ai jamais éprouvé, puisque j’ai toujours fait des études en gardant à l’esprit qu’il n’y avait pas de travail. De la même façon, je vis et je travaille en sachant qu’il n’y aura pas de retraite pour moi. Je ne serai donc pas un vieillard amer.

 

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Published by Guillaume - dans universités
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commentaires

Delph 27/03/2007 14:49

Ici comme ailleurs maintenant c'est l'efficacité qui compte.le méfis de la recherche a partiellement conduit à l'échec des universités françaises...d'après ce que je savais sur Sci-po (info sur le site +conseils des étudiants qui avaient passé l'entretien et qui  y faisaient les études) il me paraissait effectivement que c'était plutôt professionnel malgré qq peu de discipline sur l'histo etc comme Master recherche., à la préparation des businesse bien sûr, mais surtout du concours d'administration./diplomatie en France(ce que voulaient faire les quelques étudiants Sci-po ). Le Master c'est une année d'enseignement très dense sur la connaissance général des sciences humaines avant d'apprendre les techniques,  et il devait avoir davantage à apprendre dans leur enseignement de licence(ce que faisait J.P.Toussaint).
Mais un étudiant MUndus chinois qui avait passé un an à Sci-po Marseille disait qu'ils apprennaient surtout à écrire les articles "dont le style Sci-po" selon un modèl de rédaction... Alors si à l'époque je disais "je m'en fous" pr ne pas me laisser battue, maintenant je m'en fiche sincèrement pour devoir payer 5000€  à réduire l'écriture à la technique...Mais finalement, 5000€/an pour un diplôme qui assure l'avenir n'est vraiment pas cher pr pas mal de chinois.(D'ailleurs ceux qui sont entrés dans les grdes écoles commerciales sont en pleine confiance que leur salaire dans le futur récompensera en 2 3 ans de l'argent qu'ils paient pr les études.)

dominique 27/03/2007 10:49

 
Eh bien vérifie, mon bon Guillaume, vérfie.Voici du moins de la recherche liée à Sciences Po...

Guillaume 27/03/2007 07:18

Dominique, ce que tu dis demande à être vérifié (sciences po servant à préparer l'ena), et même si c'est exact, je ne crois pas que les grandes écoles puissent décliner la moindre responsabilité dans la situation de la recherche en France. Laisser la recherche aux universités telles qu'on les connaît en France, c'est la mépriser tout simplement. C'est comme lorsque les journalistes du Journal télévisé disent : ce n'est pas à nous de faire réfléchir, nous on s'occupe des scoops, on laisse l'analyse à la presse écrite dont c'est la vocation.
Il est tout à fait vrai, Ben, que le président, quand il vient faire la réclame de son école, ne s'intéresse pas à l'aspect intellectuel de ce qu'il enseigne. A une question sur l'intérêt de faire des sciences sociales; il a répondu que dans une entreprise moderne, il valait mieux s'y connaître en sociologie des organisations pour éviter les crises. Défendre le savoir en le faisant passer pour utile socialement et professionnellement. 
 

ben 25/03/2007 19:09

"vieillard amer", c'est beau comme du Confucius. Mais le probleme de Science po, en somme, c'est les sciences politiques. Ca les arrangerait sûrement de préparer des BTS "force de vente", ou un truc qui sert à quelque chose et qui rapporte du pognon, un bac STI "génie civil", par exemple.Par contre, les "sciences politiques", visiblement, qu'il existe quelque chose d'aussi farfelu qu'une "science politique", ça, ça a l'air d'être le dernier souci du recteur-pdg.

dominique 25/03/2007 17:42

Leur finalité historique c'est de préparer aux concours de l'ENA et de diverses administrations. Ecole professionnelle, décidément. S' ils disent University en anglais c'est simplement qu'il n' y a pas dans les pays anglo-saxons le même système d'enseignement supérieur à deux vitesses qu' en France, ou pour le dire autrement, que dans ces pays le terme Université a une connotation positive (socialement et intellectuellement).
Après, rien ne leur interdit de demander des habilitations à délivrer des diplômes de recherche, voire à diriger lesdites recherches, que ce soit dans une finalité de recherche appliquée ou fondamentale...
En somme je ne vois rien de choquant à ce que ce genre d'intitution mette l'accent sur les techniques, pourvu que les universités ne trahissent pas leur vocation d'accroissement et d'interrogation du savoir. La question serait plutôt de savoir pourquoi en France ceux qui ont le choix entre les deux choisissent presque instinctivement les techniques plutôt que le savoir...