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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 00:43

On entend souvent ce lieu commun, ces temps-ci : « Les Chinois sont plus libres maintenant qu’il y a vingt ans. » On veut dire par là qu’il y a du progrès au niveau des droits civiques et qu’il ne faut pas trop en demander à un régime politique qui fait déjà beaucoup d’efforts pour le bien-être des Chinois.

Le problème est que c’est faux. Il y a vingt ans, nous étions en 1987, beaucoup d’écrivains et de penseurs publiaient des choses qu’ils ne pourraient plus publier aujourd’hui. Gao Xingjian travaillait dans son pays, à l'époque. Il y a un gouffre entre la Chine des années quatre-vingt et celle de la période post Tienanmen. Ce lieu commun est donc plus utile qu’il n’y paraît pour le pouvoir. Non seulement il dit que la Chine est sur la voie de la libération, mais aussi que les années quatre-vingt étaient rétrogrades, oppressantes, etc. On colore une période de respiration en noir et on la confond avec la Révolution culturelle.

Mais admettons. Admettons qu’il y a vingt ans, à part une élite intellectuelle, les Chinois dans leur ensemble étaient moins libres (et comment le mesurer ?)

Dans ce cas, je réponds que les Chinois sont moins libres maintenant qu’il y a 70 ans, ou 80 ans. Il faut lire ce que les gens écrivaient dans les années 1915, 1920. Une littérature combative, engagée et poétique faisait fureur. Le héros de cette littérature, Lu Xun, n’avait pas de mots assez durs pour son pays, dont il critiquait vertement le régime de l’époque. Personne, aujourd’hui, ne pourrait s’exprimer sur ce ton, tout en étant professeur d’université. La vie n’était pas facile, il y a 80 ans, elle était moins sécurisée, elle était plus précaire, mais les individus étaient plus libres d’exprimer et de publier des opinions et des styles d’écriture nouveaux.

 

 

 

 

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Published by Guillaume - dans Politique
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commentaires

Guillaume 12/03/2007 03:12

Merci pource commentaire, Lao Cai, vous qui êtes un témoin privilégié de cette époque. Je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous voulez dire, cependant, quand vous parlez d'un enfant et d'un adulte.
C'est certain que les choses sont plus compliquées que ce que j'en dis. Je ne parle ici que par touches qui, chacune, ne disent qu'un petit aspect des choses. Les années 80 en Chine me semblent extrêmement importante, et j'ai simplement l'impression qu'il y a eu une rupture fondamentale depuis (peut-être 89), qui nous empêche de voir clairement cette époque. Et qu'il faut appeler des témoignages.

cai 12/03/2007 00:42

On est beaucoup moins librequ'il ya 70 ans, c'est sûr. Par rapport il y a vingt ans, c'est un peu compliqué. Dans certains domaines, on est plus libre, dans les autres, moins. On n'a jamais interdit comme aujourd'hui les livres qui parlent les tragédie de 1957 et de la révolution culturelle il y a vingt ans. I'important est qu'il faut rendre compte de l'évolution de société et de mendalité de Chinois. Par rapport celle d'évolution, tout ce contraints sont beaucoup plus absurds et plus lourd qu'il y a vingt ans. Impose la silence à un enfant de dix an est différent  que à celle d'un adulte.  

François 11/03/2007 12:29

Ce n'est malheureusement pas moi qui dirige ce site, mais Pierre Le Pillouer , un ancien membre de TXT , une revue des années soixante dix trés subversive en son temps.

Guillaume 11/03/2007 04:29

Merci François. Il est bien, ton site de littérature contemporaine. Je suppose que tu n'es pas seul à y travailler. J'y ai vu des noms d'auteurs connus, j'y retournerai.

François 10/03/2007 11:14

C'est bien cette retrospection historique sur les vingt dernieres années , ça permet de remettre les pendules à l'heure !