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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 02:29

Sur un site international de routards désargentés, voilà comment mademoiselle Zhao se présente. Normalement, ce site cherche à développer l’entraide entre voyageurs, et tient à ne pas être considéré comme un site de rencontres. Or, mademoiselle Zhao, si elle ne cherche pas à faire des rencontres galantes, n'est visiblement pas effarouchée par l'idée de séduire son prochain.

Alors poussé par mon devoir de reporter sans frontière mentale, j’ai décidé de la rencontrer pour en savoir un peu plus. D’un strict point de vue balzacien, mon but était désintéressé et uniquement tourné vers l'approfondissement de la comédie humaine.

Sur son « profil », elle précise qu’elle aime Le rêve dans le pavillon rouge, que c’est son livre préféré. Cela tombe à merveille, je suis justement en pleine lecture du grand classique, collectionnant les lectures à haute voix, que j’enregistre en filmant des images de textes, de livres, de mains, de visages, d’illustrations, de pierres, de jardin et de pavillons rouges…

Rendez-vous est donc pris dans le lobby de la tour Jin Mao. Je l’invite à manger une pizza dans le restaurant italien du cinquante-sixième étage. On verra quand il sera opportun de procéder aux lectures. En attendant, mangeons.

 

 

Avouez que lorsque vous regardez la photo de cette belle plante, vous ne songez pas qu’elle se distingue par sa conversation et son intelligence, ni par sa modestie ou son altruisme.

Pourtant sa conversation est assez chaleureuse et entraînante pour que, le temps passant, nous soyons priés de sortir du restaurant sans avoir eu le temps de procéder aux lectures filmées.

Elle dit que les hommes chinois ne l’aiment pas. Elle dit qu’elle est « trop forte » et que les hommes chinois préfèrent les femmes petites, discrètes, minces, parlant peu et n’exprimant pas leurs idées. Mais elle dit aussi qu’il y a trop d’étrangers à Shanghai. Elle dit que les étrangers profitent de la gentillesse des Chinois et bénéficient de privilèges. Je lui demande quels privilèges, mais elle ne peut pas m’en citer un seul.

 

 

 

 

 

Alors moi, grand voyageur super cool, je me la jouais classe. Tandis qu’elle avait des scrupules quant à l’addition, je lui assurais d’une voix calme et ferme que l’argent n’avait aucune importance. Il s’en fallut de peu que je ne me lance dans une théorie mal ficelée sur la précarité luxueuse. Je me retins car j’étais fatigué de moi-même.

Or, l’addition posée sur la table, je fus dans l’obligation de demander à la belle inconnue de participer aux frais. Je n’avais pas apporté assez d’argent, voilà qui n’allait pas rehausser l’idée qu’elle se faisait des étrangers. Voilà qui me confirmait mes lacunes mondaines.

 

 

 

 

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Published by Guillaume - dans rencontres
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commentaires

Guillaume 03/03/2007 18:09

Mais venez donc, motpassant, je suis sûr qu'elle vous ferait bon accueil. Elle est tout à fait urbaine.

motpassant 03/03/2007 14:22

Bonjour,
Il s'en faut de peu, pour je prenne, à l'instant même, un avion rapide pour faire la connaissance de Melle Zhao !!!
Bonne journée
Cordialement