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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 05:53

On me demande : quelle est la différence entre la sagesse précaire et la sagesse bouddhiste, ou la sagesse épicurienne, stoïcienne, cynique ? Je réponds : aucune, fondamentalement, puisque toutes les sagesses se ressemblent sur leur objectif central, qui est : comment vivre heureux dans un environnement qui a tout l’air d’être opposé au bonheur ? La solution, tout le monde la connaît depuis toujours, vivre dans le peu, se contenter de peu, désirer peu. Toutes les écoles de tous les pays recommanderont la modération. Aucune sagesse n’a jamais vraiment proposé autre chose. Toute la différence tient dans la manière de présenter le programme, de lui donner du sens et de l’émotion. La différence entre les sagesses, c’est la poésie. 

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Published by Guillaume - dans idées
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Guillaume 03/03/2007 03:01

C'est vrai que le Dao n'est pas quelque chose qu'on atteint, en revanche on atteint l'état physique et mental du sage parfaitment vide.
En revanche, la précarité n'est pas la pauvreté. Moi, je suis réellement précaire, car je n'ai aucune assurance sur mon avenir proche, mais je ne suis pas pauvre, je vis même plus aisément à cette minute que bien des gens qui ont échappé à la précarité. La précarité n'est donc pas une "condition sociale", c'est un rapport d'insécurité à la vie.
L'image d'un businessman taoïste ne manque pas de piquant. En effet, si un boucher peut l'être, un ivrogne ou un nageur, pourquoi pas un commercial ou un chef d'entreprise ? Je vois d'ici la parabole d'un nouveau Zhuangzi, ce serait assez cocasse. Mais ce serait quand même très littéraire, à l'image de Zorba le Grec, vieux sage qui évolue dans le monde des affaires, des chantiers et de la direction des hommes sans jamais quitter sa joie ni la racine de son existence. S'il existait un tel boss, je ferais comme le peuple chez Mencius, j'irais volontiers me mettre à son service et partager avec lui l'inaction économique, le geste pur de l'employé inutile.
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Delph 02/03/2007 13:33

Malgré le mot chinois 达到(某境界) ou celui de français atteindre, je ne crois pas que le Dao soit qch à atteindre (il n'est pas un but). On y est, en effet. Mais d'avoir un esprit de Dao n'a pas bcp de lien avec la condition sociale, un businessman peut aussi bien le comprendre; ceux qui le comrennent ne seront pas obligés de se mettre précaire ou pauvre. le rien dans le Dao ne devra pas être un Rien sans rien mais ce que nous somme là, devenus le monde, intégrés dans le tout. Le monde n'aura besoin de personne, c'est nous qui avons besoin de ce monde pr réaliser un passage de la vie(Le Tian et le Di le seront tjrs même si l'homme n'avait pas été cré); il a besoin de tout le monde en même temps, pr que ça fonctionne. Si la précarité est devenu le destin, c'est qu'elle l'est.

Xiao Niu 01/03/2007 14:57

C'est bien que vous gardez toujours votre raison et calme. Pour ceux qui ne sentent pas du tout la précarité, je pense qu'il n'y a pas absoluement de malheur chez ces gens, s'ils profitent bien de cet état et font ce qui leur plaît.  Si c'était possible pour moi, je ne le refuserais pas. D'ailleurs, j'apprécie ceux qui défendent leur propre philosophie de vivre, la précarité ou d'autres.

Guillaume 28/02/2007 14:41

Ah mais, je ne m'inquiète pas, ma bonne Xiao Niu. Je donnais l'impression d'être inquiet ? Je ne suis pas rien, non, mais presque rien. La preuve en est que Patrick Delpy l'a dit sur son blog, c'est donc implacable. Le grand malheur des patrons (ceux à qui on offre de gigantesques sommes d'argent au moment où ils doivent partir pour cause de mauvais résultats, pas les chefs d'entreprise qui coulent avec leur boîte)  ou des fonctionnaires français, c'est peut-être de savoir qu'ils sont définitivement à l'abri du besoin. Il est naturel de vouloir se protéger de la précarité, mais quand on ne la sent plus du tout, il est possible que quelque chose d'essentiel à la vie manque. C'est une pure hypothèse, je n'en sais rien du tout, moi.

ben 28/02/2007 14:40

Personne ne s'inquiete vraiment de rien du tout sur ce blogue, nous sommes tous tellement zen. Par contre, personnellement, je ne me sens pas tellement précaire, sinon au sens intemporel où tout le monde pourrait aussi bien ne jamais être né et où tout le monde finit par mourir, pas au sens d'une inquietude de l'époque. Je pense que la paternité modifie completement la donne. Tu peux être interchangeable pour tout le monde, notamment en ce qui concerne le travail ou l'amour, mais pas pour tes gamins ( ni pour tes parents, d'ailleurs, ou tes amis, un peu de sentiment, merde. ) Des lors, la précarité n'est pas une donnée de fait, rien n'est moins précaire qu'un lien qui dure au minimum quelques dizaines d'années. Si tu te tires, si tu t'enfuis, tu crées de la précarité pour toi et pour ceux qui t'entourent, mais les liens, l'existence personnelle , être "quelqu'un",  sont premiers.  La précarité est seconde, elle résulte d'une rarefaction plus ou moins choisie, plus ou moins imposée, des relations et surtout d'un affaiblissement du sentiment de sécurité. Et je crois que toute la force de ce theme est ici:  peut-on jouer la précarité contre les marchands d'enracinement identitaire, d'assurance-vie et d'emploi sécurisé?