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23 février 2007 5 23 /02 /février /2007 07:21

Il y a une rue où il y a un café où il y a une Américaine.

J’essaie d’imiter le style lumineux de Neige, qui sur Le papillon ou la neige, profite des jours de vacances du nouvel an pour nous raconter des histoires de famille très intéressantes. Mais son style est inimitable est ce n’est pas de ça que je voulais parler aujourd’hui.

Dans ce café, l’Américaine et moi parlions de l’histoire de la Chine. Elle fait des études ici et maîtrise assez bien le mandarin, pour autant que je puisse juger. Nous parlâmes un peu de philosophie chinoise et étions d’accord pour trouver la civilisation chinoise admirable. Par quelque bout qu’on la prenne, dès qu’on met son nez dans cette histoire, on se retrouve pétrifié d’admiration.

Elle dit : « Quand on voit tout ce que les gouvernements locaux détruisent, comme patrimoine historique, ça me donne envie de pleurer. Dès qu’un promoteur veut construire un immeuble, il n’a qu’à donner un peu d’argent aux dirigeants du coin. Le sous-sol peut être truffé de merveilles, ça n’intéresse personne, on dirait. »

- Comment des hommes politiques chinois peuvent être indifférents à la disparition de leur patrimoine ? Sont-ils aussi assoiffés d’argent ?

- Ce sont des ignorants complets. Oui, ils ne s’intéressent qu’à l’argent, pour la plupart. »

Je ne sais pas d’où elle sortait toutes ses informations. En réalité, je n’étais pas surpris le moins du monde. Je risquais une timide remarque d’ordre général et parfaitement politiquement correcte :

« Les Chinois n’ont pas les dirigeants qu’ils méritent. »

L’Américaine me regarda avec une curieuse expression. « Et les Français, ils ont le gouvernement qu’ils méritent ? Et les Américains ? Tu penses que Bush est à la hauteur de notre histoire, de ce que représentent les Etats-Unis aux yeux de l’histoire ? 

- les Américains ont voté pour lui, voilà la différence. Ils ont eu deux fois le droit et la possibilité concrète de ne pas lui donner le pouvoir, et de le donner à quelqu’un d’autre. Les Chinois, personne ne leur demande leur avis. »

Elle a répondu ce que les répondent les anglo-saxons dans ces circonstances : « Je devine que tu as raison », ou « cela ressemble à la vérité. »

 

 

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Published by Guillaume - dans Politique
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Guillaume 03/03/2007 03:31

C'est ceratin qu'on ne juge pas de la qualité d'un dirigeant politique à ses capacités intellectuelles, mais à des qualités politiques, humaines, et surtout à ses réultats. Cependant, la Chine a beaucoup profité, dans son histoire, de l'établissement d'une caste de lettrés qui administraient et même gouvernaient les provinces.
Il y a en effet, en ce moment, et depuis longtemps déjà, un anti-intellectualisme qui règne en Chine et qui ne peut qu'être un poison pour ce pays à la culture si élevée, si raffinée. Ta remarque, Delphine, n'était pas si "à côté" que cela : la culture chinoise n'a pas les dirigeants qu'elle mérite.

Delph 01/03/2007 14:41

Un peu à côté, mais je pense à l\\\'histoire de Xiang Yu et de Liu Bang. Dans une conférence à la télé, un universitaire commentait l\\\'échec définitif de Xiang Yu, cet héro, intélligent, honnête, les intellectuels, ou les gens vraiement intelligents, excellents, ne deviendront pas les dirigeants. L\\\'intelligence ne se confront pas souvent avec le monde mondaine, ceux qui possèdent de gros bagages de savoirs perdront plus ou moins l\\\'aisance de bien se tenir/glisser parmi toutes sortes de gens, les gérer et équilibrer leurs désirs. exemple moderne peut être l\\\'ancien premier ministre Zhu Rongji qui avait vraiment une bonne réputation chez les Chinois ordinaires.