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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 03:16

C’est la fin du premier semestre de l’année universitaire, période des partiels à corriger, des rapports à fournir, des évaluations, des jugements et des classements.  

Je ne suis pas un très bon prof, car je n’aime pas les examens. Je veux dire que je ne les respecte pas. Déjà étudiant, je ne les respectais pas, et je cherchais parfois les mauvaises notes. J’ai même obtenu des notes négatives, ce qui constitue ma seule gloire scolaire. Adulte, je considère les examens comme des jeux d’enfants, destinés à occuper les étudiants et à satisfaire les lubies de l’administration.

La seule utilité que j’y vois est la concentration des étudiants à ce moment-là. Quand je les vois pencher sur leur feuille de papier, tendus, inspirés, je me dis qu’il se passe là quelque chose. Ils cherchent en eux-mêmes, ils peinent, ils donnent le meilleur de leurs capacités : voilà qui me plaît ; mais la note qui en résulte est une petite chose misérable. Je regrette qu’on l’attende avec tant d’anxiété.

J’aime bien lire les copies de mes étudiants, et les aider, si besoin est, à les faire progresser, mais leur donner des notes me crève le cœur. Les voir anxieux pour une note me crève le cœur. Rendre des comptes et discuter des notes me crève le cœur. Voir ces notes entrer dans un système d’appréciation globale d’un être humain me crève le cœur.

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Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
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Guillaume 21/01/2007 04:22

Mon bon Ben, ce que tu dis me réchauffe le coeur.
Il arrive que les profs raffinent leurs exigences d'évaluation sans plus savoir pourquoi et dans quel but ils évaluent. Je le vois bien dans le domaine du fle (français langue étrangère), où beaucoup de directeurs et de professeurs sont formés à devenir des techniciens ultra compétents, qui surpréparent leurs cours, qui emploient un jargon compliqué, qui ont des certitudes proches du dogmatisme (par exemple, "ne jamais employer le moindre mot anglais ou chinois dans la classe"), mais qui oublient les étudiants et oublient la simple finalité de leur travail : produire des francophone, quels que soient les moyens et les méthodes.
L'évaluation technicienne, clinique, des enfants et des étudiants, est une autre marque de l'avancée de la Technique, l'impitoyable non pensée de l'ingéniérie scolaire.

ben 19/01/2007 10:33

Le plus jeune de mes fils, Guillaume, 3 ans, se trouve en petite section de maternelle: il a commencé l'école 2 ou 3 demi-journées par semaine depuis Septembre. La maîtresse vient de nous faire passer un document à signer dit "cahier d'évaluations" dans lequel figure toute une série d'items avec une note de a à c, représentée par des feux tricolores. Dans le cahier, guillaume a beaucoup de rouge, et des appréciatons du genre: "attitude passive, refuse de participer à la vie de classe, ne parle pas..."On avait déja eu des problèmes avec l'aîné, en maternelle, la maîtresse nous avait dit qu'il souffrait de "troubles du comportement", terme utilisé en psychiatrie pour désigner un diagnostic assez grave. pendant quelques jours, j'ai considéré le comportement de mon fils avec un certain trouble. Depuis,  je pense que les bons professeurs sont ceux qui sont le plus mauvais possible du point de vue de l'exigence d'évaluation.