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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 01:59

Jour de noël. Retour à un de mes coins préférés de Chine : l'Allée des esprits, sur le site du tombeau du premier empereur Ming, à Nankin. Revoir ces animaux avec des amis différents permet de découvrir de nouvelles fonctions des sculptures. Ici, Claire et Dominique ont révélé combien l'éléphant était fait pour protéger les amoureux.

On s'est mis à quelques uns pour hisser Neige sur le dromadaire. Elle avait un peu peur, au début, alors elle l'étreignait comme une grosse bête en peluche.

L'intérêt de monter soi-même sur le dromadaire qui lui fait face était de voir la tête de l'animal. Il a quand même une sale gueule, vu de haut.

Alors que vu d'en bas, d'un point de vue de piéton, il sourit noblement, il rassure. Certainement que les mauvais esprits dont il fallait protéger l'empereur défunt volent à quelques mètres du sol. Ainsi, les sculpteurs se sont arrangés pour donner aux animaux une expression douce pour les hommes et terrifiantes pour les démons. Dira-t-on encore que les Chinois ne connaissent pas l'humanisme ?

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Published by Guillaume - dans Voyages
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commentaires

Guillaume 15/01/2007 14:59

Ah oui, Castiglione, comment ai-je pu l'oublier ? La facture des rouleaux était très peu chinoise, c'est bien ce que je disais. Et le nomadisme est le sujet central des peintures, je pense, davantage que la royauté ou même la chasse.

ben 15/01/2007 09:48

Bien sûr que la transition Ming-Qing est un sujet brûlant et actuel. qu'est-c qui pourrait l'être plus? L'architecture moderniste des tours de Pudong  sont à Shanghai ce que la culture Chinoise était à Kangxi ou ce que le capitalisme est à Hu Jintao: un espace étranger qu'on envahit et qu'on domine en s'y soumettant. Est-ce qu'on reste Mandchou quand on est Empereur de Chine, Chinois quand on se fait plus occidental que les occidentaux, communiste quand on se fait capitaliqstze, etc...? Maintenant, les Empereurs Ming étaient tout sauf faibles, trop bons et trop cons, et ce sont bien eux qui ont perdu le pouvoir. Et les peintures dont tu parles sont l'oeuvre d'un jésuite sinisé, Castiglione, elles sont donc plus en rapport avec la peiture occidentale qu'avec un esprit mandchou.

Guillaume 13/01/2007 01:56

C'est vrai que Kangxi est fascinant, je veux dire admirable. Le récit de sa vie et de son règne devrait inspirer tout despote éclairé. Mais sa grandeur, ou son intelligence, vient peut-être de ce qu'il est resté mandchou, profondément, et qu'il n'a jamais oublié qu'il dirigeait un pays étranger. J'ai vu l'exposition dont tu parles au musée Guimet l'été dernier, et  c'est lui, si je ne m'abuse, qui fait voyager sa cour pour aller chasser des animaux sauvages... Ces peintures sont formidables mais elles sont si peu chinoises, à mon avis, j'ai le souvenir d'un nomadisme échevelé, frugal et inconfortable. Une sauvagerie qu'il voulait exprimer dans la nature, loin de la Chine civilisée.
Et son amour de la culture des Tang cache quelque chose, je crois. En voyant les opéras Kun, ces deux dernières années, j'ai eu l'impression que les Mandchous promeuvaient l'idée que seule la dynastie Tang pouvait se comparer à la leur, et surtout qu'ils avaient perdu le pouvoir à cause d'empereurs faibles, trop bons et trop cons, et qu'eux, les Mandchous, on ne les y reprendrait pas.
Cela n'invalide pas les brillantes idées sur l'admiration que tu proposes, Ben, mais cela rend Kangxi plus machiavelique, plus perfectionniste.

Fred 12/01/2007 18:38

Je comprends rien a ce que vous dites, mais ca a l'air d'etre un sujet brulant, la difference entre le Ming et les Tching. Et l'empereur Qianlong, la dedans, il compte pour du beurre ? Et l'imperatrice douairiere, la mechante Cixi?

ben 12/01/2007 16:11

La "voie de l'Empereur", cette espece paradoxale d'imperialisme culturel montre qu'on peut éviter à la fois le purisme culturel et la sclérose qui va avec, et d'un autre côté la soupe syncretique, ou le métissage dans lequel tout dégouline et se mélange. Il y a plus d'élegance, à mon avis, dans cet exercice d'admiration qui mène à "vivre dans une langue étrangère", comme dit Monsieur Cai.