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29 décembre 2006 5 29 /12 /décembre /2006 12:12

Comme il est drôle, Albert Londres, vous a-t-on dit qu'il était marrant comme personne ? La Chine en folie porte bien son titre, enlevé sur une poignée de pages nerveuses. Londres (quel nom!) n'a pas le temps de s'arrêter, de réfléchir, de s'intéresser vraiment à la Chine. Il est dans un univers sens dessus dessous, dans lequel il jouit d'une atmosphère d'anarchie qui lui va comme un gant. La Chine des années vingt, c'était, à l'en croire, un sacré merdier. Il questionne et enquête sans relâche pour savoir qui gouverne le pays, si la Chine est un empire ou une république. Il n'aura pas de réponse claire. (Non, mauvaises langues, je ne sous-entends pas que ce temps bordélique était préférable à l'ordre actuel!)

Il y a un chapitre où le reporter est tellement dépassé par les us et coutumes de ce pays sans direction qu'il n'a plus d'autre choix que de rigoler nerveusement. "Je n'ai jamais tant ri que depuis que je suis pékinois. Je me réveille pour rire ; à table, je m'étrangle parce que je ris ; et, le soir, on a une peine inouïe à s'endormir, tant on rit toujours. Il y a du haschish dans l'air."

Il rit en s'en faire péter la rate, et il nous présente des personnages et des événements qui paraissent sortis d'un film des Marx Brothers. Il affectionne, en particulier, le général Gaute, dont il fait ce portrait saisissant : "Il vint de sa Scandinavie, voilà peu d'années, dans le bon Empire du Milieu, comme vendeur de poils de cochon surfins. Il avait pensé qu'une aussi délicate marchandise serait recherchée des mandarins pour des usages que lui-même n'entrevoyait pas encore très bien. N'ayant pas fait fortune, il se fit général. Depuis, ça va."

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Published by Guillaume - dans mots
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