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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:56

On avait rendez-vous dans un hall d’hôtel avec Barra, à Guilin. La traversée de la ville, en taxi, ne nous impressionna pas outre mesure, et la nuit passée dans le train, sans être cauchemardesque, n’avait pas été confortable. Il faut se garder de juger des villes rapidement.

Barra arrivait pour la première fois en Chine et avait demandé qu’on l’attendît à l’endroit précis où la navette de l’aéroport le poserait. L’idée d’être seul dans une ville chinoise le terrifiait.

Barra était un Irlandais qui ne ressemblait à rien d’autre qu’à un Irlandais. Trentenaire débonnaire, il avait grandi dans un pays qui n’avait pas encore connu de boum économique, et n’avait pas vu de noir, pour de vrai, avant l’âge de vingt-deux ans. Il avait posé le pied pour la première fois sur le sol continental de l’Europe en ma compagnie, lors d’un voyage que nous fîmes en Hongrie. Je l’ai rencontré à Dublin et nous sommes restés amis, pendant toute ma période irlandaise et depuis. Jamais je ne l’avais senti si démunis qu’en Chine, alors qu’être perdu à Budapest, entre nous, n’est pas forcément plus facile que l’être à Guilin.

C’est un des bonheurs d’être en vie, d’avoir des amis, de les perdre de vue et de les retrouver, de vieillir et de se revoir, d’avoir des souvenirs en commun, de n’avoir pas besoin de parler. Nos retrouvailles durèrent trente secondes. Content de te voir, content de te voir, comment tu te portes, et la famille, je te présente Sigismond. Nous prîmes un bus pour Yangshuo, un village où nous espérions trouver un peu de nature.

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Published by Guillaume - dans rencontres
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