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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 13:01

Un quartier, peu visité, au nord du centre ville de Shanghai, rappelle l’architecture des anciennes concessions étrangères. En fait, je crois qu’une partie de la Concession française fut construite au nord de la Concession anglaise, ce qui amène les maisons des années trente jusqu’aux alentours du Parc Luxun. 

La municipalité mène depuis quinze ans une politique de développement culturel de cette partie de la ville. Une rue, Duolun Lu, a été rénovée en zone piétonne, et aménagée en lieu semi branché, parsemé de boutiques d’antiquaires, de bouquinistes, de galeries de peinture.

J’y suis allé à vélo, l’autre jour, avec une jeune amie qui aime faire du vélo et qui ne connaît pas bien Shanghai, pour être originaire du nord de la Chine. Elle est nouvelle à l’université et, comme moi, ne connaît personne ici. J’ai réussi à l’emmener à Duolun Lu sans me perdre, ce dont je me félicitais intérieurement.

Les maisons y sont cossues, de différents styles et l’ensemble est sous le signe du mélange des genres. Un banquier chinois s’est imaginé une maison de type arabo andalous, une autre maison ressemble à un casino de Biarritz, et il y a même une église catholique en briques ocre qui empruntent des formes aux temples chinois traditionnels. La visite se termine par un musée d’art contemporain, le Doland Museum, d’une belle architecture minimale, gris béton, noire et rouge acier, qui tranche harmonieusement avec l’urbanisme art déco de Duolun Lu.

L'ensemble de la rue est un musée à ciel ouvert qui commémore la création de l’ « Association des écrivains de gauche », créée ici en 1930. La maison où ces jeunes gens se sont réunies a été transformée en musée, où l’on voit des photos, des livres, la salle de réunion des écrivains ; rien de très exceptionnel, ni rien qui puisse générer l’impression d’un mouvement littéraire de grande ampleur. C’était une association dont Luxun faisait partie du comité directeur. A part lui, je ne connais aucun auteur ni rien de l’importance de leurs œuvres, et mon amie n’a pas pu m’en apprendre beaucoup plus. Je n’ai pas pu savoir, non plus, qui avait été le propriétaire de la belle maison qui accueillait les jeunes gauchistes. Sans doute un riche mécène qui rêvait d’un monde égalitaire.

Nous avons terminé notre promenade en buvant un chocolat chaud à la terrasse d’une jolie maison de thé, en parlant de nos attentes, de nos désirs et de notre vision de la vie. Il y avait peu de politique dans notre conversation, peu de littérature et peu de rêves inaccessibles.

Le temps tournait à la pluie, il fallait rentrer.   

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Published by Guillaume - dans villes
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