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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 10:03

Flore vient visiter le campus de Fudan. C’est une chose que l’on fait, ici, on va visiter les campus célèbres. Elle visite mon appartement qu’elle trouve « très joli ». La cuisine, toujours aussi inutilisée, lui donne, à elle aussi, l’idée qu’elle pourra revenir faire la cuisine. Je ne savais pas qu’elle savait cuisiner.

Nous nous promenons sur le campus, statue de Mao, jardin mignon, double tour ultra moderne, et nous continuons notre chemin vers une rue, au sud du campus, qui regorge de restaurant. Je lui dis que c’est elle qui choisit celui que nous honorerons. Beaucoup de spécialités épicées, des restaurants du Sichuan. A mon émerveillement, un restaurant de spécialités du Guangxi, dont les murs sont décorés de broderies, de photos, de tentures qui me rappellent mon voyage chez les Dong. Flore ne choisit pas ce restaurant, mais je me promets d’y retourner avec quelqu’un d’autre, une autre fois. Des lieux hybrides entre cuisine chinoise et cuisine internationale, des lieux où l’on mange avec des cuillères et des couteaux, parfois des baguettes, parfois des fourchettes, des lieux complexes et mal identifiés, qui ne sont pas ma tasse de thé. Flore choisit le restaurant qui lui avait, dès le premier regard, sauté aux yeux : un restaurant musulman dont les tables sont garnies de mini barbecues, et où les clients se font leurs propres grillades, à la carte. Nous prenons des brochettes d’agneau, de bœuf, des abats de plusieurs animaux, des petits poissons, des ailes de poulets et, pour le dessert, des tomates au sucre (que nous mangeons crues, bien sûr.) Une bouteille de coca et une bouteille de bière du nord de la Chine. 

En mangeant, elle parle de son envie de se marier qui est revenue la hanter. Son ami américain n’entre pas, visiblement dans ses plans, mais c’est un fait qu’elle ne s’est pas débarrassée de son obsession. Elle parle désormais en baissant les yeux. Je ne sais pas si elle joue un rôle ou si c’est naturel, mais ça impressionne les hommes. Un homme normalement constitué a nécessairement le désir momentané de lui donner le bonheur dont elle rêve. Si ce n’est que d’un mari que tu veux… Elle dit que certains matins, elle se réveille et veut se marier à toute force, avec n’importe qui. Mais le voyageur se reprend et opine du chef pour approuver avec Flore que « la vie, parfois, n’est pas facile. »

Sur le chemin qui nous mène vers le bus de son retour, elle se propose de revenir avec une de ses camarades qui est musicienne aussi. Parfait, dis-je, à condition que vous apportiez toutes deux vos instruments de musique. Vous venez, nous visitons, nous mangeons et nous faisons de la musique. Oui, dit Flore, tout sourire, « d’ailleurs, ma camarade est une très bonne cuisinière. » Si la vie n’est pas toujours rose, il est des jours où elle vous sourit tendrement quand même.

 

 

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Published by Guillaume - dans rencontres
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