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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 04:21

On me dit qu’il faut parler des lieux de débauches shanghaiens ! Voilà la vraie vie de Shanghai, le monde de la nuit ! Certes, me dis-je, en bon reporter du quotidien, je m’attelle à la tâche.

Un soir, après une réunion au consulat français, je suis allé investiguer avec des amis dans des lieux divers, très divers, mais qui avaient tous le dénominateur commun d’être branchés. D’abord, sur la Place du Peuple, le très élégant « Barbarossa », où l’on se ruine en bières lors de l’happy hour, car les bières sont alors moins chères qu’à l’ordinaire. On se ruine mais on est entre soi, c’est le principal.

Puis, nous sommes allés à un vernissage d’une nouvelle exposition dans la galerie 118, où il n’y avait plus rien à boire, mais où je vis des étrangères de grande beauté. Des Américaines blondes et grandes, des Françaises aux yeux troublants, au sourire séducteur aux tenues intéressantes : j’appelle tenue intéressante un habit qui laisse voir la racine des seins, mais par le côté, grâce à une large ouverture des manches, plutôt que par un décolleté classique ; l’accès oblique à la poitrine donne un point de vue inédit et rend la fille immédiatement attirante.

Entre temps, je reçus un message qui réorienta ma façon de boire : une jeune amie était à Shanghai et me proposait qu’on se vît le lendemain matin. J’acceptai sur-le-champ, et superposais son image à la vision que j’avais des grandes blondes autour de moi. L’exposition, elle, n’était pas mal, des petites sculptures fragiles qui pliaient sous l’effet du moindre souffle, des installations vidéo dignes des galeries européennes. J’admirais les tenues vestimentaires des visiteurs. Ces gens, me disais-je, savent s’habiller, c’est indéniable, ils possèdent un goût, ils se comprennent, savent faire la différence entre un blaireau et quelqu’un de bien. J’admire cela. De loin, mais j’admire sincèrement.

De là, nous traînâmes dans les rues, nous sustentâmes de nouilles et de brochettes sur un trottoirs et finîmes la soirée au « C’s », prononcez « cize », un bar quasi clandestin, donc classe en diable, au sous-sol d’un immeuble qui ne paie pas de mine. C’est un bar intéressant, des salles en enfilades dont les murs sont pleins de graffitis, de dessins, d’inscriptions de toutes sortes. Quelques Chinois dansent, quelques autres se partagent des tables dans des petites salles labyrinthiques. Et des étrangers évoluent là-dedans comme des poissons dans l’eau. Il va sans dire que le « C’s » est un lieu sympa, mais que peut-il inspirer au voyageur ? N’est-il pas en tous points identique aux bars underground de Budapest, de Berlin, de Lille, de Saint Etienne, de la Croix Rousse ? J’y voyais évoluer ce monde clos et fascinant des gens cool. Un Anglais est venu me parler, Dieu sait pourquoi. Notre conversation était tout à fait inintéressante, par ma faute autant que par la sienne. Heureusement, au milieu d’une phrase, il me quitta pour aller peloter une Française qui remuait des fesses. J’en aurais fait de même, je ne lui jette pas la pierre. Très vite je m’ennuyai, et ne vis pas la moindre chance de faire une rencontre déterminante, dans les quinze minutes, qui me remontât le moral ou tout autre chose. Du reste, je ne voulais plus boire et tenais à être frais et dispos le lendemain matin pour accueillir ma jeune amie. Je filai à l’anglaise, sans dire au revoir à personne, pour ne pas casser l’ambiance. Un de mes amis me téléphona, malgré tout, une heure plus tard, sans doute un peu inquiet de ma disparition. Il ne s’offusqua pas de ma décision de rentrer chez moi. C’est quelqu’un de cool.

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Published by Guillaume - dans rencontres
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Guillaume 16/09/2006 10:15

Ne sois pas desole de ton emportement. Je suis moi-meme sujet a toute sorte d'emportements, et ils sont tous les bienvenus sur mon blog.

Paco B 13/09/2006 22:36

PS : Je suis d'autant plus désolé de mon emportement , que je me suis essayé mainte fois moi-même à l'écriture d'un blog sans parvenir malheureusement à la hauteur de ces écrits (et je suis pourtant tranquillement en France avec une bibliothèque garnie derrière moi ) . Il faut un certain courage je trouve pour mener de front ces deux aventures d'un seul bloc qui sont celles du voyage et celles de l'écrit.
Bonnne continuation,
Paco B

Paco B 11/09/2006 23:21

Pardon pour cet emportement de tout à l\\\'heure -a propos du 93- mais ce n\\\'est que pour mieux créer de la polèmique et du débat (chose que j\\\'adore et que je suis sur tu apprécie) dans un "lieu" - ce blog en l\\\'occurence- où le style est tour à tour proche d\\\'un Paul Morand, d\\\'un Louis Aragon (dans le côté "Paysan de Shangai" si je puis me permettre) et d\\\'un Joubert (dans cette habile confrontation entre pensée du jour et profondeur conceptuelle , comme peut  en témoigner cette remarquable reflexion sur la transposition d\\\'une image d\\\'une femme à une autre qui fait l\\\'éclat de cet article d\\\'ailleurs et qui est comme une luminosité innatendue dans ces lieux apparemment sordides , sombres et underground  de ce poumon de la vie chinoise contemporaine). Je regrette vivement de t\\\'y avoir poussé et ne peux que te ramener à ce cher Giono que j\\\'apprécie aussi beaucoup.
Paco

Fanny 11/09/2006 17:58

Ouf, je peux toujours apprendre de nouveaux  mots sur ton blog. Heureusement, je viens de reviser  le passe simple avec mes eleves aujourd'hui;-)

Paco B 11/09/2006 14:20

oui c'est vrai