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5 septembre 2006 2 05 /09 /septembre /2006 10:50

A l’étage de l’Institut des langues étrangères, il y a plusieurs bibliothèques, pleines de vieux livres de différentes langues. Sur les portes, il n’est jamais écrit « library », mais « reading room ». Pourquoi « reading room » ? Pourquoi pas « dreaming room », ou « thinking room » ? Ou même « hanging around room » ? Pour moi, une bibliothèque est un lieu de vie, un lieu de drague, même, disons les mots. C’est un lieu où je passe du temps, mais ce n’est pas forcément là que je lis le plus. Il y a mon appartement, pour cela, ainsi que les bus, les parcs, les cafés. Le monde entier est une reading room, davantage que les bibliothèques.

A côté du bureau collectif du département de français, une bibliothèque de français est pleine à craquer et constamment fermée à clé. L’idée de fermer une bibliothèque à clé me surprend toujours. De quoi a-t-on peur ? Que des étudiants viennent piquer ces vieux objets poussiéreux ? Ce serait presque une bonne chose qu’ils le fassent, cela témoignerait d’un intérêt pour la lecture auquel le monde des professeurs doutent aujourd’hui. Un jour, seul dans le bureau collectif, j’étais obsédé par l’idée de cette bibliothèque fermée à côté de moi. Je ressentais cela comme une violence sourde. Je suis allé chercher une clé pour l’ouvrir. On me demanda quel livre je voulais, je répondis que je voulais rester et regarder. Au bout de dix minutes, mes mains étaient noires de poussière. Malgré tout, mon cœur se réchauffa au contact de volumes de Marc Bloch, des romans de Giono, en grand nombre, des volumes de la Pléiade de Rabelais, ceux de Chateaubriand.  

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Published by Guillaume - dans universités
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commentaires

ben 07/09/2006 14:56

"un interet pour la lecture auquel le monde des enseignants doutent..." Bon. Personne ne doute de rien auquel les jeunes seront aujourd'hui. Moi, je dis, un petit Giono genre que ma joie demeure, ça remet les idées en place. Quand on lit ses phrases en détail, on a l'impression de rien comprendre, pourtant, chez Giono aussi, la première lecture est d'une grande évidence.

Paco B 06/09/2006 16:46

Ben oui , moi aussi je suis déja passé à Nankin (on s'est peut-être croisé d'ailleurs c'est trés julie , pardon jolie !) et je t'ai pas mal lu aussi quel plaisir de te revoir et de te relire !!! Je pense que tu devrais arreter un peu avec le I-POd et la nostalgie sur Nankin , pour te consacrer entièrement à ta nouvelle vie sur Shangai . Il y'a des tas de gens nouveaux , incroyables et extraordinaires à rencontrer dans ce poumon de la vie chinoise contemporaine sans compter les lieux underground et glauque que tu vas je l'espère nous relater (des boîtes chébrans et  bizarres , des chinoises fracassantes qui te feront oublier Madame Fleuve par exemple), moi je dis ça c'est parce que c'est un peu tristos pour l'instant, mais bon tu fais ce que tu veux hein.Hé ho tes lecteurs ne t'en voudront pas si tu laisse Chateaubriand et Rabelais dans leur bibliothèque (eux aussi ne t'en voudront pas d'ailleurs je pense). Un deleuzien de ton espèce que diable....Menfin encore ravi de te relire et bonne continuation pour la suite....Vaya con dios,
Paco B

Guillaume 06/09/2006 07:02

Ah oui, le commentateur Ben, c'est quelque chose.
Merci Bamalega, pour votre soutien et votre tres beau blog.

Bamalega 05/09/2006 22:53

Cet été je me suis promenée dans Nankin en douce, et j\\\'ai été surprise de vous trouver si drôle, tout comme le commentateur Ben. Je suis bien aise de vous retrouver tous les deux.