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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 22:54

On pourrait croire que c’est incroyable, et pourtant c’est vrai : je suis arrivé de Chine, dans une université où une collègue était sur le point d’organiser un colloque international sur les écrivains francophones d’origine chinoise. Quand j’en parle en France, on pense que cela vient de moi, mais pas du tout. Je ne suis que le co-organisateur.


Je la connais bien, cette collègue, je la fréquentais déjà lorsque j’habitais à Dublin, avant d’aller en Chine. Puis au fil des années, elle s’est mise à se spécialiser dans ces écrivains d’origine chinoise, les François Cheng, les Shan Sa, les Dai Sijie.


Dans un restaurant chinois, elle m’invite à me joindre à elle pour organiser la chose, et nous voilà embarqués dans un colloque au contour évidemment un peu flous. Après réflexions, et aidés par des amis, nous sommes convenus d’un titre : “Traits chinois, lignes francophones“. Nous voulions jouer un peu sur l’idée de “trait” qui rappelle à la fois les idéogrammes chinois (constitués de traits), mais aussi de traits du visage et du tempérament (trait de caractère), ainsi que sur celle de “ligne” au sens des courbes d’un corps, de silhouette, mais aussi de lignes d’écriture. Bon, tout cela donne un titre un peu banal peut-être, mais qui possède assez de sens pour pouvoir être tiré dans plusieurs directions.


On se demande qui inviter comme “Guest speaker“. On a juste assez d’argent pour faire venir une personne, tous les autres participants doivent se débrouiller par leurs propres moyens. Plusieurs noms sont évoqués, plusieurs projets de lettres d’invitation écrits, puis des lettres sont envoyées, et le résultat des opérations tombe un beau matin : le grand écrivain Gao Xingjian accepte de venir à Belfast!


D’habitude, pour un colloque de ce genre, on obtient la visite d’un universitaire un peu réputé, qui a publié quelques bouquins relativement reconnus dans le milieu - et c’est justice, d’ailleurs, car c’est ainsi qu’une culture académique se forme et se développe - mais pas d’un prix Nobel de littérature! En outre, nous faisons coup double car nous aurons exceptionnellement deux “guest speakers” : l’auteur de la Montagne de l’âme, donc, et M. Zhang Yinde, professeur de littérature comparée à la Sorbonne. On peut dire qu’on a bétonné au nveau des invités.


Maintenant quels participants ? De mon côté, j’aurais aimé faire venir Neige, pour qu’elle nous parle d’internet en français, mais surtout pour que ce colloque lui soit une occasion de découvrir l’Europe, mais elle a finalement décliné l’offre, au prétexte bien compréhensible qu’elle n’avait rien à dire sur les sujets proposés. J’aurais aussi voulu que Ben vienne nous parler d’une des nombreuses problématiques liées à la Chine dans lesquelles il s’est formidablement égaré. J’attends sa proposition de conférence.


Nous avons eu des propositions intéressantes, venant d’Afrique et d’Europe, mais encore aucune venant de Chine, et je ne sais pas s’il faut s’inquiéter de cela.


Sinon, je lance ici un appel : quelqu’un serait-il disposé à venir nous parler de l’Institut Franco-Chinois ? C’était à Lyon, entre les années 20 et les années 40, la seule université chinoise basée à l’étranger. Il y a eu des thèse de doctorat soutenues, sous la direction de Marie Curie entre autres, il y a eu des peintres comme Zhang Su Hong dont Malade fièvreuse se trouve dans les réserves du musée des Beaux-Arts de Lyon. Des musiciens, des scientifiques, des hommes et des femmes.


Il y a eu aussi des écrivains comme “Jean-Baptiste” Jing Jinyu, traducteur de Romain Rolland et de Lu Xun. De retour à Shanghai, malade et désargenté, il s’est donné la mort en sautant dans la rivière Huangpu (1931).


On l’aura compris, je serais très peiné que le colloque ait lieu sur des écrivains et des artistes connus, et que rien ne se dise sur ces pionniers chinois qui étaient venus en France dès les années 1910. Je suis sûr que des chercheurs travaillent sur ce sujet, et seraient heureux de venir à Belfast, mais comment les trouver ?

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Published by Guillaume - dans universités
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commentaires

François 28/12/2009 12:58


"Par ailleurs, si personne ne peut venir pour faire une conférence sur l'histoire de cet institut lui-même, je le ferai moi-même. Non mais sans blague."
Parler en public sur un tel sujet est une épreuve bien trop grande pour moi pour pouvoir accepter cette proposition d'article par ailleurs fort interessante...excuse moi encore.et bon colloque


Si Mao Savait... 30/11/2009 05:11


Je vous comprends.. Mais entre ce que l'on veut faire et ce qu'il faut faire.... le chemin se sépare


Guillaume 08/10/2009 13:39


Merci.

Eh bien, nous avons avancé, c'est indéniable. Neige refuse toujours, mais Ben s'est enfin manifesté. Et une enseignante à Lyon2 se propose de parler d'une écrivaine qui fut étudiant à
l'institut franco-chinois de Lyon. Par ailleurs, si personne ne peut venir pour faire une conférence sur l'histoire de cet institut lui-même, je le ferai moi-même. Non mais sans blague.

De nombreuses propositions d'intervention sur Ying Chen, romancière francophone qui vit au Canada. Sa situation dans un pays d'Amérique du nord fait peut-être beaucoup pour attirer l'attention des
spécialistes anglo-saxons des French Studies.

Encore trop peu de propositions sur l'oeuvre de Gao Xingjian.



Marketing chine 08/10/2009 11:26


Intéressant comme expérience...

Et maintenant vous en êtes ou??