Nous sommes en plein anniversaire des grandes manifestations de la place Tienanmen. Elles ont eu lieu entre le 15
avril et le 4 juin 1989, il y a exactement 20 ans.
Ce dont nous nous souvenons, nous qui étions assez vieux pour voir la télévision, ce sont les chars que Pékin a envoyés sur les étudiants. Aujourd'hui les étudiants ne sont au courant que de
quelques détails et le régime de Pékin a réussi à faire oublier Tienanmen, ou du moins à dégonfler tellement son contenu que les étudiants ne sont au courant que de l'existence de troubles dans les
années 80.
Comme je l'écrivais lorsque j'enseignais en Chine, il fallait du temps pour qu'un titre de journal comme "Les enfants de Tienanmen" soit compris. Le mot de Tienanmen ne leur faisait pas penser aux
massacresde 1989. L'article du Monde faisait le portrait de Hu Jia et sa femme, aujourd'hui
en prison et en résidence surveillée. Les étudiants de l'université Fudan acceptaient sans problème que nous parlions de ces choses, mais ça ne résonnait pas très fort dans leur conscience, je dois
l'avouer.
C'est peut-être une question de temrinologie. Le pouvoir des mots est essentiel et beaucoup dépend de ceux avec lesquels nous racontons l'histoire. Pour "Tienanmen 1989", faut-il parler de
"massacres", de "manifestations", d' "événements", de "viols" ? Là encore, je parlais de ces questions de vocabulaire, par
rapport aux grands événements de l'histoire, en 2006 lorsque j'habitais et enseignais en Chine. Je précise cela car je tiens à rappeler que je jouissais d'une liberté de parole totale, dans mes
classes et dans mes blogs. J'étais peut-être surveillé, mes paroles étaient peut-être rapportées aux réunions des étudiants du Parti, on me l'a fait comprendre plusieurs fois, mais je n'ai
jamais eu besoin de faire de l'autocensure.
Mais mon blog a été bloqué plusieurs fois. Pas le mien seul, mais tous ceux qui appartenaient à over-blog.com. C'est pourquoi j'en ai monté un autre sur lemonde.fr.
Or aujourd'hui, ce sont les blogs de blogspot qui sont bloqués, et ce, probablement, jusqu'à la fin des commémorations des "événements" de Tienanmen. Cela touche Neige et son Pays de Neige, qui ne peut plus être approvisionné. Même chose pour le blog d'Olivier David qui, lui, a monté un nouveau blog sur lemonde.fr.
"une question de temrinologie. Le pouvoir des mots est essentiel..."
com/post: la temrinologie est une science inexacte découlant de la coquillologie. Heureusement, les mots boîtent, borgnent et bossuent. "Temrinologie" pourrait signifier, à la manière de deux sinogrammes ou d'un bon mot-valise, "Tienanmen c'est terminé", voire très miné comme sujet.
Je m'inscris en faux, Michel. La temrinologie est une science quasi-exacte dérivée de l'enthomologie, et qui consiste à observer les foumris et les temrites.
Commentaire n°2
posté par
Guillaume
le 23/05/2009 à 21h44
Parlant de la Chine, l'évocation des fourmis et des termites, peuples industrieux à l'esprit collectif, semble métaphore opératoire.
J'ai souvent essayé de donner une autre image des Chinois. Je ne les ai jamais trouvé "fourmi", ni cigale d'ailleurs. Il faudrait trouver d'autres métaphores animalières.
Commentaire n°4
posté par
Guillaume
le 05/08/2009 à 10h44
com/post: la temrinologie est une science inexacte découlant de la coquillologie. Heureusement, les mots boîtent, borgnent et bossuent. "Temrinologie" pourrait signifier, à la manière de deux sinogrammes ou d'un bon mot-valise, "Tienanmen c'est terminé", voire très miné comme sujet.