Son nom français est Amélie, je l'ai rencontrée lorsque j'étais son professeur étranger, en 2006. Elle était en deuxième année de français et sa classe s'est avérée
une des meilleure classe que l'on pouvait imaginer. Mais j'en ai déjà parlé.
Elle, Amélie, a un destin particulier puisqu'elle est née et a passé son enfance dans la région la plus pauvre et la plus occidentale de la Chine, avant d'arriver, après d'assez nombreuses
vicissitudes familiales, à l'université de la ville la plus riche et la plus à l'est de la Chine. Elle a traversé le pays dans ses grandes longueurs et parle un français très précis, à la
prononciation impeccable.
Elle voudrait devenir professeur et j'espère qu'elle réalisera ses rêves, même s'il faut mettre en garde les bons élèves : qu'ils se méfient de leurs propres souvenirs d'élèves car il faudra
travailler avec des jeunes gens qui ne seront pas aussi soucieux de plaire qu'eux-mêmes l'étaient.
Ecoute bien ton ancien professeur étranger, petite Amélie. Pour être un bon prof, il faut comprendre les mauvais élèves, les réfractaires, les insolents, les cancres, les bornés, les enragés,
ceux qui pensent à côté des systèmes mis en place, et ceux qui ne pensent pas du tout. Il faut les comprendre pour qu'ils ne ruinent pas l'ambiance d'une classe, et pour faire éclore les qualités
qu'ils ont en eux, s'ils en ont.
Amélie, elle, avait tout de la bonne élève, appliquée, anxieuse d'être dans les temps et dans les clous, toujours enthousiaste et prompte à venir en aide à ses camarades. Une petite perle que
j'ai suivie pendant deux ans et qui, de presque enfant, est devenue une quasi chercheuse, capable d'entreprendre un mémoire sur l'identité sexuelle dans Le Rouge et le Noir.
Commentaires