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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 15:16

On peut voir, sur lemonde.fr, un webdocumentaire sur les mines chinoises.

Voyage au coeur du charbon, de Samuel Bollendorff et Abel Ségrétin.

Un concept que je trouve sensass. Je dis sensass, mais je pourrais dire impek, ou hyper bath. Je pourrais dire que c'est trop de la balle, que c'est top délire et que c'est grave mortel.

Parce que le concept du webdocumentaire, c'est étonnamment moderne et étonnamment suranné en même temps. On clique, et on voit apparaître des photos, accompagnée d'une bande-son, ou de textes. C'est une forme de roman photo à la sauce cybernétique. Cela a des airs paradoxaux, mais c'est le propre du web : retour à l'écriture, fin des téléphonages, auto-publication et essais personnels, comme à l'époque de Montaigne.

Alos les mines chinoises. Sans surprise, on voit de la misère. Mais, et moi c'est ce que je veux faire passer, on voit aussi beaucoup de joie. Des gens qui chantent et dansent pour répéter les chants de noël, des gens qui gagnent un peu moins de 1000 yuans par mois, mais qui vivent dans des bidonvilles, donc ils économisent (je joue au con), des vieilles qui se chauffent gratuitement en ramassant le charbon qui sort des usines.

Non, bien sûr, c'est la misère noire. On le savait, grâce notamment au blog de Cai Chongguo. Le scandale des mines trop dangereuses mais exploitées quand même car, on peut retourner le problème dans tous les sens, l'économie chinoise en a besoin.
Un effet comique : à chaque étape, les journalistes sont conduit vers un responsable, et c'est toujours la même photo qui revient, celle d'un officiel qui leur dit : "Nous sommes touchés que vous vous intéressiez à ceci et à cela, mais vous feriez mieux de retourner à Pékin pour votre sécurité." J'ai souvent entendu dire cela, en Chine. La sécurité est, bien entendu, en Chine comme partout, le mot magique qui permet de tout interdire ou de prendre toutes les décisions que l'on désire. A la fin du webdocumentaire (quel mot!), la même photo revient avec pour tout commentaire : On va vous accompagner à la gare de Datong et vous prendrez le premier train pour Pékin.

Mais surtout, on voit une chose évidente : on voit qu'on voit. On voit qu'on peut aller voir. C'est bien interdit, mais force est de reconnaître qu'avec de la pugnacité, on peut voir. Les journalistes vont à la rencontre des mineurs, ils vont même dans la mine, avec un guide interprète, un appareil photo, un appareil enregistreur...

C'eût été plus difficile il y a dix ans, c'eût été plus faisable il y a vingt ou vingt-cinq ans, mais c'eût été rigoureusement impossible avant les années 80. Alors, est-ce un signe de libéralisation des forces de l'ordre ? L'enquête a été menée en 2006. Serait-ce encore faisable aujourd'hui ? Peut-être que non, à cause de la curiosité grandissante des journaliste, depuis 2006 justement.

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Published by Guillaume - dans images
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