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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 09:14


A Nankin, j'allais souvent dans un bar restaurant qui avait ce nom. Nous pensions que c'était dû à la place qu'il occupait : non pas derrière un mur, mais par delà des escaliers, sur une terrasse, et, pour le coup, caché de la rue par des murs.
Or je viens de découvrir que ce nom provient en fait d'un célèbre récit de voyage, Behind the Wall, écrit dans les années 1980 par le Britannique Colin Thubron.
Récit de voyage que je recommande, et dont je reparlerai.
La traduction française d'Isabelle Py Balibar, Derrière la Grande Muraille (Petite Bibliothèque Payot), fait disparaître l'effet de polysémie du titre anglais. En anglais, la "Muraille de Chine" se dit Great Wall, donc le lecteur comprend tout de suite de quel mur il s'agit.
Mais il y a aussi l'idée d'un peuple et d'un pays qui sont encore "derrière un mur", plus ou moins protégés des regards extérieurs, et encore enfermés dans un système clos. Le voyage a eu lieu au début de l'ouverture des années Deng Xiaoping, et de nombreux réflexes de protections et de rejet existent encore.
Je recommande ce livre parce que sa lecture apporte un plaisir que je crois typique de la littérature du voyage. Ni fiction, ni roman, ni reportage, ni journalisme. Ni intrigue, ni suspense. Ni information, ni imagination. Ni aventure, ni héroïsme. Juste une manière étonnamment juste, précise, intelligente et sensible de faire voir les choses. Je reste flou volontairement, car ce n'est pas facile de dire ce qui fait le propre d'un bon récit de voyage.
Il faut le lire surtout si on connaît un peu la Chine d'aujourd'hui. Elle a tellement changé que, superficiellement, ce n'est pas le même pays. On ne lit donc pas ce livre pour préparer un voyage, ni pour aucune raison pratique. On le lit comme on lit les explorations de Jean de Léry, ou celles de Claude Lévi-Strauss.

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Published by Guillaume - dans mots
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commentaires

Guillaume 13/09/2008 22:56

Remarque très judicieuse, Cécilia. Le paratexte, comme dit Genette, détermine beaucoup de choses, n'en déplaise à l'auteur lui-même, qui ne maîtrise rien de sa couverture, de la police, etc. Pour ma part, je trouve la couverture française plus attirante, et j'aimerais bien savoir ce que préfèrerait Colin Thubron.

Cécilia de Varine 13/09/2008 09:45

deux remarques : 1/ je suis épatée par la différence d'image sur les couverture anglaise et française. Cela n'induit pas du tout le même désir de lecteur et la même idée de son contenu. 2/ Il y a également du mur dans la photo de tours de Shanghai que tu as mise en haut de la page de ton blog. 

Michel Jeannès 12/09/2008 12:24

Vous alliez donc manger dans un livre dont vous deveniez à votre insu les personnages silencioeux et ignorants de leur condition de personnages, sitôt passée la couverture.remarque du gramapodiste (qui étudie au pied de la lettre) : Le nom de l'auteur Thubron pourrait quasi s'anagrammiser en Bruthon, R. H Buton. Il y a dans le récit de voyage du boutonner en suspens, du moins du jusqu'au bout