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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 06:29

Calligraphie de style "herbe", que ne peuvent lire et écrire que les spécialistes de la chose. Les autres, qu'ils connaissent le mandarin ou pas, sont rejetés dans leur monde de perceptions plus ou moins affinées. Essayer de déchiffrer, c'est possible bien sûr, et on retrouvera toujours quelques caractères connus. Ce n'est pourtant pas le but. Le sens du poème importe peu. Ici, il est question de l'eau et des bains que prenait la belle Yang Guifei.
Ce qui compte, c'est l'art du tracé, le mouvement même du geste. Certains caractères font exploser le carré virtuel qui
 sont censés les contenir. Les lignes sont prises de folie et de vitesse. La liberté, la folie et la vitesse sont plus figurées que réelles, car cette éciture est en fait très codifiée et résulte de la plus haute maîtrise de la technique calligraphique.
Mais une fois qu'on a dit que c'est codifié, on a encore rien dit, car l'effet reste extraordinaire de puissance. C'est un aspect de la culture chinoise qui m'a toujours frappé et que les Chinois, quand ils parlent d'eux-mêmes, omettent systématiquement : la recherche du désordre, du monstrueux, de l'asymétrie. Le jeu constant entre l'enfermement et l'errance, entre la modestie et l'explosivité, l'obéissance aux règles et leur subversion.
Des mots que tout cela. Je suis resté en arrêt devant cette stèle, muet d'admiration sans pouvoir expliquer ce qui, à mon avis d'ignorant, fait de cette calligraphie une oeuvre magnifique (si le mot d'oeuvre reste opératoire, avec les calligraphies gravées dans la pierre.)

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Published by Guillaume - dans images
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commentaires

michel jeannès 20/06/2008 09:36

"La force du caractère guide le Lettré"