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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 13:59


A Xian, un spectacle fait l'unanimité, qui "reconstitue" la musique et la danse de la dynastie Tang. Pas de l'opéra traditionnel, mais un show comme on en voit à la télévision. Des jolies danseuses qui jouent de leurs manches et qui bougent avec grâce, sur une musique orchestrée par des synthétiseurs et des batteries.


Dans la salle, des tables où des étrangers filmaient les danseuses pour les ramener à la maison, ou qui prenaient des photos pour alimenter leur blog. Il n'y avait qu'une seule personne chinoise, assise à côté de moi, qui se réjouissait infiniment du spectacle. Après le numéro des danseuses en vert, elle se tourna vers moi et me dit dans un sourire ébloui : "Je me sens très patriote." Devant mon étonnement, elle renchérit : "Je n'ai jamais aimé la Chine autant qu'en ce moment." De tout notre voyage à Xian, ou plutôt, de toutes les choses vues et visitées, elle aura préféré ce spectacle, qu'elle jugeait éminemment chinois, impossible à voir produit par les Occidentaux, et solide motif de fierté nationale. Cela m'a fait penser à une autre amie qui avait adoré le "sons et lumières" de Yangshuo et qui avait eu, aussi, une réaction similaire en en parlant. Un spectacle que nous sommes seuls à pouvoir produire et qui rend extrêmement optimiste pour l'avenir du pays.


Du point de vue musical, cela ne valait pas une seule représentation de Kunqu de la troupe de Nankin et, sans chercher à passer pour un cuistre, je dirais qu'il y avait autant d'esprit Tang que de beurre sur les branches. Pour filer la métaphore, la béchamel sonore n'avait d'égale que la beauté des danseuses que j'aurais pu regarder toute la nuit.
J'avais préféré les concours de chant qui avaient eu lieu au pied des remparts de Xian, où de nombreux locaux prenaient l'air et considéraient en fumant des clopes les différentes chanteuses qui venaient s'époumoner devant une sono moisie. La ferveur m'avait plu, ainsi que la mine apaisée des gens qui semblaient s'y connaître.
Ici, en revanche, rien de criard, rien de discordant, rien de brutal, rien de suraigu ni rien de détonant, rien d'explosif. Rien de profond, quoi. 

Ensuite, tous les étrangers regagnèrent leurs bus pour rentrer dans leur hôtel. Le spectacle faisait partie d'un package de tour operator. Les agences de voyage n'allaient tout de même pas leur proposer d'aller joindre des Chinois le long des remparts pour profiter de musiciens amateurs, à côté des enfants qui jouent et des vieux qui font des exercices sur de la terre jaune. Ils n'avaient pas traversé des milliers de kilomètres pour voir des Chinois, non mais sans blague. L'industrie touristique sait mieux que personne comment donner à voir pour de vrai ce qui a été reconstitué pour de faux.

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Published by Guillaume - dans sons
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commentaires

Guillaume 08/06/2008 05:27

J'ai vérifié dans le Robert 2008, les deux existent, ainsi que "pas plus de ceci que de beurre aux fesses, au cul." Mais c'est vrai que l'expression avec broche est meilleure, je l'utiliserai dorénavant.

Fred 08/06/2008 04:09

"Pas plus de Tang que de beurre en branche"? On ne dit pas plutôt "beurre en broche"? Parce que du beurre sur une brochette disparaît bien vite, alors qu'une plaquette de beurre peut rester sur une branche, aussi longtemps en principe que des boules de noël.