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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 14:03

J’avais déjà rêvé, il y a presque un an, d'une immense bibliothèque française, alliée à un centre de recherche qui concentrerait toutes les pratiques et les dons de livres à Shanghai. Etant donné que les Chinois n'achètent pas de livres français, et que les Français naviguent à vue, sans se projeter vers un avenir quelconque, des livres sont achetés et donnés sans véritable réflexion, par habitude, par acquis de conscience, par gentillesse, parce que cela s'est toujours fait.

Or, j'ai cru comprendre que cette idée de concentrer les efforts était partagée. Il se murmure que le consulat pourrait, dans un avenir indéterminé, envisager de concentrer ses dons de livres sur un seul lieu, et ainsi s'investir décisivement sur ce lieu. Ce n'est pas une information, c'est une rumeur qui n'engage que les gens qui la colporte. Si je la prends au vol, c'est que l'idée me plaît plutôt, même si elle n'aboutit pas. Voilà une initiative qui me réjouit, mais dont j'espère qu'elle se fera avec discernement.
D'abord, quel lieu ? L'alliance française, cela va de soi mais ce n'est pas universitaire. Le centre sino-français de l'université Tongji est une bonne idée, sauf que personne ne le connaît. La bibliothèque Zi Ka Wei, ce serait formidable. Deux autres possibilités : créer un centre ex nihilo, en grande banlieue, qui coûtera la peau des fesses, ou s'établir dans une université qui existe déjà et qui offre un bon cadre pour nos livres.
L'université Fudan serait un bon choix, pour moi, puisque j'y suis tous les jours et que cela me serait bien agréable d'avoir des livres par milliers sous la main. Mais je doute que cet argument pèse très lourd dans la balance ; les gens de la diplomatie française ont des idées et des exigences beaucoup moins altruistes que celles qui consisteraient à me rendre heureux. Heureusement, nous avons d'autres arguments à faire valoir : un personnel plus attaché aux livres que dans d'autres universités et, surtout, un fonds de livres anciens qui date du temps des concessions internationales. Et puis, Fudan, c'est la fac la plus prestigieuse de la ville, à défaut d'être la plus francophile.
Quel que soit l'emplacement, le plus gros dossier à gérer sera de s'assurer du suivi des opérations avec les partenaires. Le risque, dans de tels projets, est que les acteurs locaux soient dans une attitude attentiste, promettant tout ce qu'on veut et accueillant la manne, financière, logistique ou autre, sans véritable contrepartie et avec un investissement minimal.
Ce type d'attitude a amené les Japonais, les Coréens, les Allemands et les Autrichiens à louer des salles à l'intérieur des universités et à créer des centres gérés exclusivement par du personnel originaires de ces pays. Comment vont se débrouiller les Français, c'est ce que vous saurez au prochain épisode..

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Published by Guillaume - dans universités
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commentaires

Guillaume 18/04/2008 01:05

Merci Damien. Heureusement, je vois d'autres gens s'en occuper un peu et commencer à se bouger. Moi, je ne peux que brasser de l'air pour faire remonter des idées ou des faits, après les gens voient ce qu'ils veulent agripper.

damien 16/04/2008 11:30

La motivation étant indispensable pour que la poussière ne retombe pas sur ces livres, tu as des arguments à faire valoir. Bonne chance !