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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 14:54

Des Français écrivent sur Shanghai depuis les années 1840. Cela nous fait 170 ans de littérature, ce n’est pas peu dire, et savez-vous qu’il n’y a pas une étude digne de ce nom sur le sujet ?

Alors, comme d’habitude, comme chaque fois qu’une bonne idée traîne dans le coin, je m’en charge. Pas tout seul, d’ailleurs, puisque j’encourage des étudiants shanghaiens à se pencher sur cette question. La transformation des images de Shanghai dans la littérature française, j'imagine que cela pourrait être une façon pour eux d’utiliser leur parcours universitaire pour embrasser l'identité  de leur vie urbaine. Il y a une identité française de Shanghai, comme il y a une identité italienne de Lyon, ou une identité juive de Venise.
Il nous reste à créer un centre de recherche international, centré autour de la bibliothèque Zi Ka Wei, qui travaillera sur tous les textes écrits sur la ville, en plus de vingt langues. Cela aussi demande ardemment à être fait. Comparer les images de la ville selon les époques et selon les pays d’origine des auteurs. Imaginez un peu les lettres et les journaux intimes des Japonais, des Polonais, des Africains... Ne me dites pas que cela ne vous fait pas rêver !

Commençons par les Français, et posons l’hypothèse qu’il y a eu quatre grandes époques.

Le temps des colonies, où les étrangers ne se mêlaient pas aux Chinois. Ils apportaient leurs propres étrangers, d'Inde et de Cochinchine, et ne voulaient rien avoir à faire avec la Chine, commerce excepté. 


La Belle époque
, où Segalen rejette cette ville : elle est exclue de la Chine éternelle des esthètes.


Les Années folles
où les Chinois prennent une plus grande importance dans le mythe que nos écrivains sont en train de créer, mythe d'une ville capitaliste, aventurière, immorale et comploteuse.


Les années maoïstes
où les écrivains sont accueillis par le régime en place. Font-ils seulement attention à Shanghai ? C’est à étudier.


La temps de la réouverture
aux étrangers, de 1978 à nos jours, et la reprise du capitalisme, avec une différence de taille : Shanghai est devenue chinoise à part entière. Elle est même devenue un symbole de la Chine éternelle, de sa capacité à se relever, à digérer les conquêtes étrangères et à les siniser.

 
Histoire d'une inclusion. Ou comment une ville est tenue à l'écart de la culture d'un pays avant d'en devenir un symbole et une locomotive.  

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Published by Guillaume - dans villes
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commentaires

Rémi 07/04/2008 13:15

Je vois que tout le monde est contre moi, sympa. En tout les cas le silence de l'auteur ( Monsieur Guillaume) est éloquent en ce qui concerne la chine contemporaine... Il attend que ses petits disciples de commentateurs répondent à sa place (ce qu'ils font d'ailleurs), lamentable... Je me suis effectivement trompé sur Gao , peut-on me dire quelle différence cela fait ? aucune, je continue a penser que

Adèle 07/04/2008 11:13

Monsieur Rémi, le prénom de ce Gao est Xingjian :-)

Moi, je voudrais savoir si ces étudiants chinois francophones s'intéressent aux écrivains comme YU Hua (Vivre!) ou WANG Xiaobo (L'âge d'or)

François 07/04/2008 10:53

Monsieur Rémi, allez donc voir un médecin de l'ame. J'ai travaillé sur François Cheng quand j'étais à la fac et il se considére plus comme un éxilé, un apatride que comme un dissident , c'est pourquoi ses livres sont relativment politiquement correctes. Surtout, c'est un vrai écrivain francophone, avec ce que cela suggére de relations étranges et bizarres, singuliéres avec son pays d'origine. L'un des rares écrivains francophones originaire d'asie et relativement connu d'ailleurs comparé a d'autres. Personnellement, je n'ai jamais aimé ses romans , mais ses essais sur la peinture chinoise sont trés bien, ses poémes aussi, pas mal. Les autres écrivains je ne connais pas.

Rémi 06/04/2008 15:39

Euh oui, ce n'est pas complétement inexact ce que vous dites...Mais vous voyez , vous reconnaissez malgrés vous vivre dans un lieu et un pays "peu banal", ce qui sous entend que vous pensez etre dans une certaine forme d'originalité , de nouveautés, employons les grans mots , non, disons plutôt de modernité tendance oui (qui dirait le contraire, c'est à Shangai que tout se passe aujou'rd'hui, que tout change de façons spectaculaires, que c'est le plus "hallucinant"). Je suis sur qu'à votre retour "au pays natal", vous aurez l'aura et l'éclat que l'on préte aux grands voyageurs qui reviennent de loin, une sorte de mélange entre Bernard Kouchner et de néo Victor Ségalen du 21émé siécle , car c'est bien ce que vous cherchez finalement, non ne rougissez pas , vraiment il n'y a pas de quoi, c'est ce que recherche qu'il le reconnaise ou non n'importe quel voyageur (qu'il soit simple touriste hébété par la pub et la mode ou visiteur curieux et éclairé comme vous semblez l'être).Vraiment pas.A votre retour , il est peu sur pourtant, vu les dégats que fait ce beau pays d'un point de vue politique et surtout auprés de la liberté d'expression que vous attiriez beaucoup de sympathie quand même , ou alors il faudra se lever tot alors pour expliquer ce qu'il y'a de réellement positif dans ce pays actuellement. "Incroyable qualité" , c'est vous qui le dites, mais pourquoi pas , il y'a quand même fort à parier que la Chine des années 2000 fassent moins rêver les génerations futures que la Chine des années 70 dont vous parlez dans un billet précédent. Cela revient , pour un petit français moyen a le faire rever de nouveau a une sorte de mirage qui ressemble beaucoup à celui de l'amérique des années 20-30 avec l'explosion économique, les cols blancs, la crise, l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie,des nouvelles disparités. Grosso modo apprendre à relire Steinbeck en Chinois. Je douteque vous fassiez beaucoup réver avec ça et attiriez beaucoup le mimétisme, amoins d'être Brad Pitt auquel cas ça changerait tout évidemment.

Guillaume 06/04/2008 15:00

C'est simple, je suis rouge de joie à l'idée d'être un peu tendance, même si cette incroyable qualité ne puisse être prédiquée de moi qu'à cause du fait que je suis en Chine. On ne sait jamais, cela pourra peut-être se communiquer à ma personne, comme par mimétisme ou par sympathie, quand je serai retourné dans un lieu plus banal.
Les étudiants que je connais n'étudient pas les dissidents, du moins pas ceux qui sont clairement banis comme Gao. En revanche, je connais bien une doctorante qui travaillent sur les Chinois francophones comme François Cheng, mais aussi Dai Sijie et Shan Sa... Ces deux derniers sont-ils dissidents ? En tout cas ils ont droit de cité en Chine. Il n'y a que Gao qui soit encore intouchable, alors je profite d'être étranger pour leur en parler, moi.