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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 11:37
A l’heure où le gouvernement chinois est de plus en plus dur contre tout ce qui corrompt la jeunesse, et lutte contre toutes les manifestations de pornographie, au point d’interdire des médias la très belle actrice qui a joué dans Lust, Caution, insinuant par là que ce film est sale, alors que la censure l’avait déjà pas mal émasculé, il est de notre devoir d’aller visiter le « Musée de la culture chinoise du sexe », ou « musée de la sexualité culturelle antique », ou « musée du sexe de la Chine classique », quel que soit le nom qu’on lui donne.

Dans le village touristique de Tong Li, le musée n’est pas bien indiqué mais il bénéficie d’un superbe espace. Deux espaces, en réalité, très différents l'un de l'autre. Le début de l’exposition consiste en un jardin et deux bâtiments européens (début XXe) se faisant face, avec des objets éparpillés dans le jardin et une exposition scientifique dans les deux maisons. La suite de l’exposition se passe dans des pavillons en enfilade (si j’ose dire) comme une maison chinoise traditionnelle, avec des cours intérieures qui se succèdent.

Avec la haine du sexe qui caractérise le régime actuel, et la gêne qu’il suscite dans la population, ce musée est une prouesse incroyable, une anomalie, une exception remarquable qu’il faut soutenir. Le voyageur a l’impression qu’on a tout fait pour l’empêcher de le visiter : déménagement dans un village à 80km de Shanghai, aucune mention même sur les brochures touristiques de Tong Li, aucune indication sur la carte. Or, contrairement à tout autre lieu difficile à trouver, vous n'oserez pas demander la direction aux passants. A tout cela j'ajoute, pas de chauffage dans les salles, pourtant très humides!
Une fréquentation assez faible le jour où j’y étais alors que le village était plein à craquer partout ailleurs. On sent que cela vivote que ça peut.

Des godemichés vieux de 2000 ans, des pierres, des photos de paysages où la montagne ressemble à un vagin, des objets taoïstes en assez grand nombre. Les conservateurs ont une vue du moine taoïste comme un sage particulièrement porté sur la chose. Des porcelaines plus modernes, difficiles à dater. Un certain nombre de sculptures très récentes, non présentées comme telles et d’un goût plutôt moyen. C’est l’ennui avec ce lieu : on a envie de le défendre à tout prix pour ce qu’il représente, et parce qu’on n’en peut plus de l’idéologie ambiante qui règne en Chine et qui empêche les gens de penser et de s’écarter des opinions les plus ennuyeuses sur tout. Mais si on veut être honnête, on est obligé de reconnaître que des pièces vraiment intéressantes, il n’y en a pas assez pour remplir un tel espace. En revanche, cela ferait une très belle salle, et très populaire, au Musée de Shanghai.

Des jeunes rigolent en passant devant l’entrée. Depuis la ruelle, ils photographient la statue d’un gros gnome (peut-être antique) au pénis énorme, qui accueille les visiteurs. Je ne sais pas pourquoi ni comment il est possible que cette statue soit visible de la rue, mais ce n’est qu’un mystère parmi d’autres, qu’une contradiction inexplicable parmi toutes celles que les Chinois doivent accepter sans poser de question.

Le fondateur du musée est un sacré personnage. Retraité de l’Armée de Libération Populaire, il est devenu professeur de sociologie à l’université de Shanghai, et a profité de ses relations et d’une relative libéralisation de la vie politique locale, il y a vingt ans, pour faire des enquêtes sur la sexualité des Chinois, puis pour collectionner des objets de toutes les époques.

Cela reste une visite incontournable pour le touriste. Outre que c’est dans un village très beau, avec une architecture splendide  et des temples et des jardins, le musée laisse une bonne impression qui dure longtemps.

 

 

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Published by Guillaume - dans sexe-amour
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commentaires

Delphine 13/03/2008 23:28

MESSIEURS#

Delphine 13/03/2008 23:27

Non mais attendez...Voyez MESSEURS, voyez votre capacité de perception et d’interprétation, votre faculté de l’immédiat , hein! J’avoue que je suis piégée, que je suis stupidement devenue collabo avec mon innocence... moi je parle du tour de shanghai et c’est vrai qu’il existait ce musée là toute proche de l’entrée du tunnel sous-marin et que j’ai visité là-bas en tant qu’interprète pr un groupe d’amis français !!! et c’est bien celui-là qui est déménagé à Tong Li, j’ai eu l’info en chinois sur le web. Croyez ou pas hélas.

Guillaume 13/03/2008 15:44

Ah non! Pas de photos de cul sur mon blog! Pour qu'on me traite de tous les noms, après. A la rigueur, celle du gros gnome, ça serait passé, mais les autres, hors de question. Allez plutôt sur le site du musée, c'est quelque chose comme www.museedusexechinois.com mais plutôt en anglais ou en chinois. C'est très facile à trouver. Là, il y a des photos.

damien 13/03/2008 15:07

Je suis decu de ne pas avoir de photo du gnome lubrique en 1ere de couv, pour remplacer ces erections de building de verre et de metal! A toutes fins utiles, je precise que j'en ai une en stock.
Serieusement, cet humour potache me rejouit, c'est un vrai bloc de joie de vivre, longue vie au fondateur de ce musee!

Delphine 13/03/2008 13:15

J'avais visité il y a deux ans un petit musée de sexualité(ou plutôt une grande salle) au sous-sol de la Tour de la Perle Orientale, c'était dit le premier en chine. A-t-il disparu? Ou bien c'est celui-là qui est déménagé dans le musée de Shanghai? s'il est encore là il serait intéressant d'aller faire un tour aussi c'étaient pr la plupart de petites scrulptures en jade ou en bois.