Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher

Archives

8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 01:30
A l’université, les filles appellent les étudiantes plus âgées qu’elles « grande sœur ». Autrefois, elles se faisaient appeler « petite sœur » en retour. Aujourd’hui, les mœurs changent, au moins à Shanghai, et les choses se complexifient. Les grandes sœurs appellent les plus jeunes par leur prénom, à l’occidentale, et utilisent encore « petite sœur » pour présenter la fille à une tierce personne. Je vous présente ma petite sœur, Petite Lumière.

Quand les filles grandissent et qu’elles sont de jeunes adultes, elles gardent ces habitudes mais avec des variations. Certaines préfèreraient appeler tout le monde par son nom et se faire appeler ainsi. Ce serait plus simple et cela éviterait d’inscrire constamment des relations de hiérarchie et d’étiquettes dans la vie de tous les jours.

Car pour nous, traduits en français, ces mots de « petites sœurs », « grandes sœurs », c’est doux, chaleureux, tendre, on trouve cela mignon comme tout. Ils cachent pourtant des relations de pouvoir, d’ascendance et de respect dû, de devoir social, qui peuvent être pesants pour certaines jeunes personnes, plus modernes ou plus occidentalisées.

Chez les jeunes femmes professeurs, ou les enseignantes chercheuses, les questions de dénomination et d’appellation sont encore très intéressantes. Deux collègues, égales selon l’âge et le statut, mais aussi en terme d’expérience, de compétence et de prestige, vont s’appeler différemment selon l’âge et selon cette coutume proprement chinoise. Certaines osent faire une transgression et passer de « grande sœur » au prénom, ou au nom complet, mais c’est au risque d’être mal vue, ou de créer une tension. D’autres n’osent pas et toute leur vie seront appelées par leur prénom, comme un enfant, par des collègues à peine plus âgées qu’elles, et se feront appeler « professeur » par d’autres collègues à peine plus jeunes qu’elles.

Partager cet article

Repost 0
Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
commenter cet article

commentaires

Guillaume 10/03/2008 23:50

La fille qui m'a donné ce nom a au contraire eu un goût sûr. Elle a transcrit Gui Yao Meu, puis elle a dit : il est préférable d'intervertir Yao et Mu car cela fera plus chinois. Puis elle a trouvé des idéogrammes intéressants (Yao, par exemple, est le nom de l'empereur légendaire) ce qui fait qu'aujourd'hui, les Chinois qui regardent ma carte de visite sont impressionnés. Ils me disent que mon nom est joli et très classe, très "lettré".

Ben 10/03/2008 16:38

Après une longue réflexion, je me demande si le type qui t'a appelé "Ji Mu Yao" n'était pas un peu dyslexique ou alors s'il se foutait pas de ta gueule. Ji Mu Yao, c'est une transcription de "Gui Meu Yau", pas "Gui Yau Meu". C'est un peu comme si moi, on me transcrivait en "Beu Neh". Je pense que tu devrais taper un grand coup sur la table. C'est fou ce que les gens peuvent raconter comme conneries, ceux qui soi-disant expliquent les traditions de leur pays, ceux qui prétendent transcrire des trucs, etc. 

Ben 10/03/2008 14:51

"Ji Mu Yao", c'est une transcription phonètique de Guillaume, non ? Je me demande quel "Hao" tu pourras prendre quand tu seras devenu un sage célèbre de l'Antiquité.

Guillaume 10/03/2008 01:42

Sinon j'ai demandé comment on m'appellerait si j'étais chinois. On m'a dit : "Ji Laoshi", car mon nom chinois est Ji Mu Yao. Toi, Ben, tu pourrais m'appeler "frère d'école". Mais comme je ne suis allé à l'université avec aucun de mes collègues, je pense qu'ils m'appelleraient alors tous par mon nom et mon prénom, simplement, sauf les plus jeunes qui diraient "professeur JI".
Hier j'ai rencontré un collègue au restaurant, il m'a présenté à son fils en lui disant de m'appeler "shufu", "mon oncle".

Guillaume 10/03/2008 01:27

Ca m'amuse car j'avais parlé de cela à un Français devant une prof de ladite Dongxue, et elle m'avait dit (la prof, pas Dongxue) que je racontais des salades, que les Chinois ne changeaient pas du tout de prénoms, sauf les écrivains célèbres, et que je ne devais pas généraliser, etc. Elle était sincère, elle ne savait pas que beaucoup de Chinois changent de prénom, car c'est tellement courant qu'on n'en parle pas, finalement, et ce n'est que pour l'étranger que ça devient étonnant et racontable.
Une des choses les plus extraordinaires, en Chine, est de parler avec les gens et de se faire expliquer ce qu'on a lu chez un ethnologue ou un sinologue. Leurs explications valent de l'or car on se retrouve invariablement paumé entre les versions différentes et les dénégations. Ce serait sans aucun doute la même chose avec nous, si un étranger venait nous demander des explications sur des coutumes typiques décrites par un observateur lettré.