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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 14:44
Sollers utilise la Chine comme une catégorie mentale, un rapport au temps et à l’espace. Chez lui, la Chine est un écart avec nous, c’est le recul nécessaire pour penser l’histoire de l’Europe. Le fameux « détour » de François Jullien. C’est une Chine de non-sinologue.

Quand il se décrit comme un « écrivain européen d’origine française », Sollers ajoute : « Exactement ce que dira de moi un dictionnaire chinois. » Un vrai roman, Mémoires, p.261. Outre le narcissisme délirant (car il sait bien que jamais les Chinois ne s’intéresseront à lui, ni aux courants littéraires et théoriques auxquels il a pris part), la vision est assez juste d’une Chine qui sera le prochain maître de l’écriture de l’histoire. Vue de Chine, les Français n’existent pas au même titre que les « vrais » peuples. La France n’est qu’un moment de l’histoire, une induration, qui est née et qui mourra. L’Europe, par exemple, existait avant la France, et elle existera après. Un Chinois du siècle prochain étudiera la culture française comme, aujourd’hui, on le fait de l’Empire austro-hongrois, ou même de l’Europe centrale.

Quand il parle des Chinois, Sollers ne parle pas de gens réels, mais d’un type d’humanité dont nous devrions nous inspirer, et moi qui traverse une longue phase de sentimentalité, d’admiration et presque d’adoration pour la Chine et les Chinois, ça me plaît assez.

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Published by Guillaume - dans mots
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