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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 13:00

Des responsables de Sciences-Po sont venus à Fudan pour faire de la communication. Rien de nouveau dans ce qu’ils ont dit, ni dans les échanges avec les étudiants, mais un constat assez désenchanté émerge (si l'on peut parler de l'émergence d'un constat) de la situation de la formation supérieure en France.

D’abord, c’était une présentation sans PowerPoint. Qu’un philosophe refuse l’usage du PowerPoint, je comprends, il est sous l'influence d’une tradition qui se méfie de la spatialisation de la pensée, ce genre de trucs. Mais des représentants qui font la promotion d’une école ? Ils ont écrit au tableau, comme les instituteurs de la troisième République. C’était tranquillement suranné, c’est-à-dire adapté à l’image que les Chinois se font de la France.

Ils ont parlé en français et en anglais, en essayant de souligner l’excellence de l’école. Pour convaincre, ils ont égrené une liste de noms de brillantes personnalités qui en étaient sorties, des gens aussi célèbres mondialement que Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn. Bomber le torse avec des noms pareils, moi ça m’a donné envie de trouver un trou et de m’y blottir jusqu’à leur départ.

Je regardais mes Chinois, qui écoutaient gentiment, et je me demandais s’il n’y avait pas un décalage entre ce qui se passe dans la tête de nos élites hexagonales et la réalité de l’université mondialisée.

Nos visiteurs ont déclaré que Sciences-Po était une grande université dans le monde, alors qu’elle n’a aucune visibilité sur le plan mondial. Le monde entier l’ignore, de même que les autres « grandes écoles ». Il faut sans doute être français pour penser que ces formations ont un quelconque prestige en Asie.  

Les étudiants présents étaient quasiment tous allés dans des universités américaines, soit pour étudier, soit pour visiter. A côté, Sciences-Po ne fait pas le poids, je crains.

La cerise sur le gâteau fut l’annonce du profil des étudiants espérés : surtout pas d’intellectuels, mais des gens « malins », avec un projet professionnel clair, qui sauront faire bon usage de la formation d’élite qu’ils auront l’honneur de suivre. Bref, Sciences-Po n’a pas grand-chose à offrir mais voudrait bien attirer les futures élites chinoises pour profiter de leur carnet d’adresse. L'idéal serait qu'au moins une personne célèbre puisse passer par là un jour. En effet, ce n’est pas avec des noms de ministres français et des patrons d’EDF qu’on va donner une image glamour des études en France.

 

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Published by Guillaume - dans universités
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commentaires

Guillaume 14/12/2007 00:55

Il l'est bel et bien, et ce serait un motif de gloire si on voulait comparer Sc-Po à Lyon3, ou à l'université de Franche Comté. Quand on veut attirer les étudiants qui songent à Yale, Berkeley ou Stanford, j'ai l'impression que c'est un peu court comme "anciens de l'école". En tout cas ça n'impressionne que les Français, c'est ce que je crois remarquer.

Didier 12/12/2007 12:14

Strauss Khan ne serait-il pas président du FMI ?

Guillaume 11/12/2007 16:15

Happy birthday madame Claire ! Bottoms up, and many happy returns! (jamais compris ce que voulait dire cette dernière expression.)

dominique 11/12/2007 16:10

Enfin l'équipe d'Arsenal, justement en ce moment ça ne va pas bien fort. Quant à ton histoire, je vais l'utiliser pour ébaubir mes amis, petits et grands.... D'ailleurs, c' est l'anniversaire de Claire aujourd' hui. En voila une qui va bien rire !

Guillaume 11/12/2007 16:05

C'est vrai que le décalage horaire n'arrange rien, quand on doit faire une présentation à des étudiants dont on ne peut évaluer le niveau de langue. C'est pour cela que si je préconise le powerpoint. On le fait avant de partir, quand on a les idées claires, et on déroule son jeu, tranquillement, quand on arrive, comme l'équipe d'Arsenal.Tu veux me piquer cette histoire, Dominique ? Mais sers-toi mon bon ami. Que veux-tu donc en faire...