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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 19:49
Nous vivons une espèce d’âge d’or, dans l’enseignement en Chine. Un moment d’équilibre et de qualité qu’un professeur n’a pas souvent le bonheur de goûter. Cela vient des jeunes Chinois d’aujourd’hui. Que ce soit dans leur attitude, leurs capacités, leur progression, les étudiants chinois sont époustouflants.

Je n’imagine pas que les Occidentaux étudiant le chinois puissent écrire en chinois le quart de ce qu’écrivent mes étudiants. Ils composent des dissertations, comprennent ce qu’est une problématique et savent construire un plan. Ils font des mémoires, vous font des études sur Baudelaire ou sur la politique internationale, d’une qualité qui m’amène parfois à douter que le français n’est pas leur langue natale.

C’est simple, si on leur explique tranquillement une méthode, un exercice nouveau pour eux, ils savent s’adapter aux règles et produire des devoirs de grande qualité universitaire. On peut les emmener très loin, dans les méthodes comme dans les contenus culturels, ils sont très impressionnants. C’est ce que j’appelle des étudiants idéaux, attentifs, prêts à lutter pour appliquer des techniques difficiles à acquérir.

Leur éducation, stricte et systématique, les a rendus très structurés, capables d’accueillir toute forme de raisonnements logiques, et de composer des réflexions solides.

Dans le même temps, ils sont cultivés, ils peuvent lire et s’ouvrir au monde international. Malgré des opinions parfois un peu bornées, malgré un conditionnement idéologique presque palpable, ils sont susceptibles de lire la presse étrangère, les écrivains occidentaux, ce qui crée une ouverture d’esprit rare.

Ces deux phénomènes combinés – une intelligence disciplinée et une personnalité ouverte et curieuse – font un cocktail étonnant. Ils sont peut-être ce qui se fait de mieux dans le monde actuel, grâce à un équilibre fragile : le respect du professeur sans être dupe de sa parole ; la gentillesse du contact qui rend les échanges si fluides ; une assise culturelle très stable et puissante ; une américanisation des esprits qui n’a pas encore dégénéré ; un sérieux qui n’empêche pas la joie ; une modernité qui n’a pas ruiné les capacités de lecture et d’écriture.

Je sais que, plus tard, quand je penserai à ma vie en Chine, je reviendrai en pensée sur mes étudiants, sur mon travail avec eux, et que, sans être nostalgique, j’en parlerai avec admiration et affection. Ce ne sera pas un effet de souvenir idéalisant. Ce sera un souvenir fidèle de ce que j’aurai vécu ici.

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Published by Guillaume - dans Profs-Etudiants
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Guillaume 24/12/2007 00:44

C'est même souvent le présent qu'on idéalise un peu. C'est-à-dire qu'il faut le rendre racontable, un peu, alors on lui donne une forme à la fois fidèle à la réalité tout en étant un peu idéalisée. C'est le sens du nouveau mot fidéalisation. 

michel jeannes 22/12/2007 23:46

"Ce ne sera pas un effet de souvenir idéalisant. Ce sera un souvenir fidèle de ce que j’aurai vécu ici."Le souvenir n'est-il pas souvent "fidéalisant"? On reste fidèle au souvenir qu'on idéalise et ce faisant on se perd dans son reflet.L'anagramme de "neige "est "génie". Pour cela qu'elle tombe en flocons?