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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 14:20


Depuis que je le connais, Sigismond se pose des questions sur ses capacités à créer une œuvre digne de ce nom. On a discuté de cette question, celle de la création littéraire, dans tous les coins tranquilles de Nankin, au bord des lacs, avec vue sur la gare.

Une de ses limites vient de ce qu’il a du mal à changer de support et de médium. Il aime écrire dans un carnet, et à la main. L’écriture est pour lui une gestuelle, un travail physique autant qu’intellectuel. Il a besoin de passer du signe au dessin et du croquis aux mots, comme une déambulation « entre signifiant et signifié », comme on dit en latin à la Sorbonne. 


J’avais déjà parlé de sa manie à écrire dans les marges des livres, à insinuer son écriture noire autour de tout ce qu’il tient à la main. Il fait des guirlandes, des lianes de mots. Il recouvre d’un lierre d’écriture ce qu’il lit.


Alors, quand il est en présence de papier blanc, et qu’il va au Tibet, il écrit sur l’écriture. Ecriture chinoise, écriture tibétaine, écriture française, poussées et confondues par une pensée confuse, murmurante, grommelante. Une pensée grognonne, où l’on croit entendre la voix caverneuse de Sigismond.

Vue-moyenne-proche.jpg

 

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Published by Guillaume - dans images
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