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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 09:16
Devant les Français de Shanghai, Sarkozy s’est comporté comme en terrain conquis. Quelques chiffres lui permettent de le croire, comme il l’a dit lui-même : « Si la France avait voté comme vous, ça n’aurait pas changé le résultat mais on se serait passé du deuxième tour. (rires dans la salle) Ce qui aurait été dommage pour le débat (éclats de rire dans la salle et applaudissements chaleureux) ! »

Qui était-il à ce moment-là ? Le président de tous les Français ?

Pas vraiment, et ce n’était pas non plus un homme de droite borné, reconnaissons-le. C’était un homme de spectacle qui aime être acclamé, dont l’art du discours est de créer l’électricité et les applaudissements. C’était un homme en campagne, mais en campagne pour quoi ? Il est déjà élu… Il garde les mots et les réflexes linguistiques de la campagne : redonner l’espoir à la France, la France n’est pas le passé, elle doit redevenir bla bla bla. La critique de la France telle qu’elle est, voilà ce qu’il continue de nous servir. Une image des Français fainéants, assistés, inefficaces, conservateurs. C’est à se demander si quelqu’un lui a dit qu’il était élu maintenant, et qu’il faudrait changer de disque.

Il y a eu un moment amusant. Il nous a félicités pour être partis loin de France, tenter l’aventure. Puis il nous a dit : « Nous avons besoin de vous, pour dire au Français ‘restez dans l’hexagone…’ » et là une femme a ri de manière sonore. Lui-même s’est interrompu et, devant la salle hilare : « Je reconnais que mon discours prenait un angle à 45 degrés… Vous avez pu vous demander où je voulais en venir. » Et en effet, on n’a pas su où il voulait en venir car il n’était là que pour dire qu’il était heureux d’être là.

C’est dommage, j’aurais bien voulu un discours fleuve écrit par Guaino, un discours qui fasse polémique.

Car les contrats, c’est formidable pour l’industrie française, mais soyons francs, ils auraient été signés sans la visite du président. Les Chinois ont besoin d’avions et ils ont suffisamment acheté à Boeing ; ils sont comme qui dirait tenus d’acheter aussi à Airbus. Même chose sur le nucléaire. Après les contrats qui sont passés sous le nez d’Areva, l’année dernière ou il y a deux ans, il était prévu qu’avec les besoins énergétiques de la Chine, elle se fournisse aussi en France. Le contraire aurait été incroyable, reconnaissons-le.

Mes étudiants ont noté qu’il a changé de position sur l’embargo des armes. Pourquoi, alors qu’il disait être contre la levée de l’embargo, dit-il aujourd’hui qu’il est pour ? C’est qu’il a moins l’intention d’incarner la rupture, finalement. Monsieur Dassault, présent à Shanghai, doit s’en réjouir.

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Published by Guillaume - dans hommes politiques
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commentaires

Guillaume 09/12/2007 01:21

Je renifle un jeu de mots dans ta dernière expression, "goût de baie", mais je ne le perçois pas clairement. Après tout, il n'y en a peut-être pas, et l'expression se suffirait pleinement à elle-même.Sinon, vous venez quand à Shanghai ?

michel jeannès 07/12/2007 12:56

"ce rat schizo" ? manque un s. Est-ce ce rat schizo qui part à HanoÏ?Mais oui, les lettres se sont fixées après des migrations. Elles se sont sédentarisées mais ont une essence nomade. Avant elles avaient des visas touristes et les mots en dansaient; c'était bien avant la langue de bois, lorsque les lettres avaient goût de baies.

Guillaume 06/12/2007 16:41

Ah! la magye de l'orteaugraffe! et que dyre sy j'avays écryt Srakyso ? Car il priaat que suel l'orrde des mtos cmpote puor cmodnrpere le snes d'un ttxee, du mmneot que la pieemrre et la dneeirre lrtete de cahuqe mot snot bein pcaeels. Mais je ne sais pas si c'est vrai.

michel jeannès 05/12/2007 17:28

J'ai fait une erreur de manipulation d'un copié-collé, ce qui explique ce peu pudique commentaire écrit en caractères gras et bleu comme un titre. Vivant au pied de la lettre, je suis attentif à la signifiance des "coquilles" (mot qui vient de l'argot des typographes lorsqu'ils oubliaient la lettre Q au mot en question); je note donc 1) que je me sens tellement peu représenté par ce président-ci que j'en oublie la lettre Z de son nom, certainement parce que le Z étant la dernière lettre de notre alphabet, j'ai hâte qu'on en finisse.2) que l'auteur de ce blog a commis une coquille au niveau du Y de l'Elysée, lettre qui se retrouve en queue de comète du patronyme présidentiel, manière inconsciente d'évacuer ce très médiatique tsar qui se veut star.

Guillaume 05/12/2007 13:54

Ce que tu sous-entends, Michel, me donne des boutons (on n'a pas dû te la faire souvent, celle-là). C'est une private joke qui s'explique d'elle-même quand on va sur son site.Lao Cai, racontez-nous cette visite à l'Elisée au plus vite. Cela fait donc deux fois que Sarkozy vous consulte, je dis chapeau. Si Hu savait cela...