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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 02:50
Ce qui étonne l’ethnologue, tout de même, c’est la question du désir des femmes chinoises. Elles lui disent, dans les entretiens, qu’elles n’avaient pas éprouvé de désir sexuel avant la première fois, et qu’elles ont été très surprises de voir comment on procédait pour faire l’amour. Il arrive qu’elles évoquent leur entrée dans le monde de la sexualité comme un viol.

Après, elles disent « comprendre et ressentir ce désir ».

L’âge n’y est pour rien, les femmes interrogées sont d’âges différents, certaines sont déjà actives sur ce plan-là, d’autres pas encore, certaines parlent des questions sexuelles ouvertement, mais tout ce qu’elles disent amène l’ethnologue à tracer le portrait de filles asexuées, rêveuses, désireuses d’avoir une relation amoureuse mais dans l’ignorance des mécanismes physiques et sans excitation sexuelle, sans fantasme.

C’est à peine croyable, dans un milieu estudiantin, où les garçons et les filles se fréquentent, où l’on voit des couples se promener et se tenir la main.

Ce n’est d’ailleurs pas du tout chinois. Quand on lit leur fameuse tradition érotique, on ne doute pas de la magnifique capacité des Chinois, hommes et femmes, à parler de sexe et à en jouir de multiples façons.

L’ethnologue s’interroge plutôt « sur le rapport entre la réalité physique du désir et l’apprentissage social qui en est fait au cours de l’enfance, de l’adolescence, ou à l’âge adulte. » C’est vrai qu’on imagine souvent le désir comme une chose animale, naturelle, mais cette interprétation est un réflexe pour éviter d’en parler, ou pour rester dans la plaisanterie grivoise, ce qui revient au même. Le désir est au contraire quelque chose de complexe, toujours en construction, qui demande une éducation, une connaissance, une reconnaissance des corps : « Le non apprentissage du désir (physique et sexuel) pourrait-il entraîner sa non-existence (provisoire) ? » Peut –on penser la chasteté ? C’est une vraie question, que la nouvelle norme consommatrice rejette avec mépris.

L’ethnologue est obligé de passer à autre chose sans avoir pu creuser davantage, mais il promet qu’il faudra revenir sur cette question pour des recherches plus approfondies.

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Published by Guillaume - dans sexe-amour
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commentaires

jeanne 28/11/2007 12:00

Bonjour Guillaume"ce que vous pensez de la possibilité que des femmes..."Non, non, je n'ai pas oublié..Ce qui m'a amusée c'est qu'ensuite vous êtes passé à une question de territoire... et à force d'y réfléchir ..."Ah ! mon bon Ben !" du plaisir au territoire, et au territoire du plaisir.. à tous ces codes et aux sens interdits...il faut que j'y réfléchisse encore..Je lis avec intérêt le travail de Jean Baptiste, et je suis aussi distraite par les voyages de Nicolas.. et de plus j'essaye de connaître un peu les deux "versants" de la ville de Shanghaï : riche et.. moins riche...Mais promis, je répondrai

arnauld 25/11/2007 09:05

il faut essayer le kung fu sexuel, pour homme ou femme : http://anonymouse.org/cgi-bin/anon-www.cgi/http://arnauldenchine.hautetfort.com/archive/2006/10/04/kung-fu-sexuel.html

je suis mon premier cobaye

Ben 21/11/2007 11:18

Ah oui, je te fais rire? Je me fends d'un commentaire extrêmement long et sérieux, presque dénué de fautezs de frappe, et toi, tu t'esclaffes. Tu te gausses. Mais rira bien qui rira le dernier.En vérité, si tu t'ébaudis ainsi, c'est seulement parce que tu ne perçois pas le caractère sombre et presque sinistre de la condfition humaine, seule espèce animale ayant la possibilité de se tromper sur ses besoins véritables. Une vache dans son pré, une mouche sur sa merde connaissent le bonheur parfait, le bonheur véritable auquel il ne manque rien. Mais l'homme ne sait se contenter de brouter l'herbe de son pré ou de se délecter de sa merde. observe un individu quelconque, livre-le à lui-même, offre-lui une bière, de la beu ou un amour sans issue, va-t-il s'en détourner avec horreur? Non,  il lui faut s'intoxiquer jusqu'à ce que mort s'ensuive, dans la pooussière rutilante de notre monde, croyant dans ce qui fait sa perte trouver le bonheur. Il n'y a pas de quoi rire.

Guillaume 19/11/2007 13:54

Ah, mon bon Ben, comme tu me fais rire. Ca c'est de la sinologie, ou je n'y connais rien. En tout cas, je ne regarderai plus une femme chinoise de la même manière, c'est certain.

Ben 19/11/2007 11:05

Le désir sexuel, c'est quoi, au juste? L'instinct de reproduction, la chaleur dans le bas-ventre, accompagnée de manifestations physiologiques variées, ou la perception consciente de ces differents phénomènes? La réponse à ta question varie selon la définition. Il paraît peu probable que des Chinoises aient moins l'instinct de reproduction que n'importe quel autre mammifere. Par contre, il est possible qu'il se traduise differemment dans leur corps et dans leur esprit. Il est en effet remarquable que l'espèce humaine est la seule espèce animale, à ma connaissance, à pouvoir se tromper dans l'interprètation consciente de ses besoins physiques: par exemple, la deshydratation devrait entraîner un désir d'eau fraîche, mais nous pouvons ressentir l'envie d'une bonne biére , et, de biére en biére, que se passe-t-il alors? Chacun a pu remarquer que le lendemain, sa bouche est pâteuse et que la deshydratation est accrue; preuve du caractére erratique du désir par rapport au besoin. Dans ces conditions, qui pourrait douter de la possibilité, pour une excitation sexuelle physique animale constante dans l'espèce humaine, de se traduire par des manifestations paradoxales, voire erratiques elles-aussi? On peut ainsi imaginer que des millénaires de tradition érotique chinoise incitant à différer la réalisation du désir, ont pu y entraîner une sublimation du désir, l'ayant completement détaché de son substrat physique, pour le transmuter en sorte de vapeur spirituelle subtile qui ne renvoie plus à aucune pratique corporelle précise mais sature la conscience d'une sentimentalité obscure à elle-même. Ainsi, l'alcoolique ne sait même plus, lorsqu'il a soif, qu'il lui faudrait un peu d'eau: il ramasse en se réveillant la bouteille qu'il avait laissé la veille, inachevée, au pied de son lit, et reprend le cours divin de son ivresse. On pourrait ainsi conclure que la tradition chinoise présente les symptômes de l'équivalent de l'imprègnation alcoolique par une pratique ancestrale de la rétention sexuelle. Cette imprègnation causant une saturation sentimentale diffuse et irréductible à son origine sexuelle physique, en sorte que la sexualité elle-même, si elle advient, paraît se dérouler sur un plan parallèle à celui des affects; d'où une gestion matérialiste de ce plan, d'où toutes considèrations sentimentales semblent exclues, parce que ce n'est plus leur lieu. Alors que l'Occidental continue d'associer joyeusement excitation sexuelle physique, reproduction et sentimentalité, créant ainsi les conditions de labyrinthes existentiels qui ne paraissent pas plus confortables pour l'individu que leurs homologues chinois.