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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 07:44
Les universités chinoises se développent sur le modèle des universités américaines. Le classement de l’université Jiaotong, à Shanghai, ne donne pas seulement un aperçu de meilleurs établissements du monde, il désigne, par les critères retenus, ce que doit être une bonne université. Et les critères sont anglo-saxons.

Cela tombe sous le sens, il n’y a pas à se révolter contre une telle orientation. Le pays le plus riche et le plus puissant influence la culture des autres, comme la France l’a fait à d’autres moments de son histoire.

Je crois que la culture française a tout à gagner dans cet état de fait. Imitons les Américains jusqu’à leur façon d’étudier le français, cela tombe aussi sous le sens. Or, que voit-on dans les meilleures universités américaines ? Des bibliothèques fournies, des bourses de recherches, des professeurs spécialisés dans différents domaines de la culture française, et surtout, les études de français y sont appelées : French Studies. Cela signifie : les études concernant la langue française, mais aussi la littérature et toutes les théories, tous les courants de pensée qui ont vu le jour dans la langue française, et dans le monde francophone.

Etudier le français revient donc à étudier de manière transdisciplinaire, et à ne pas avoir peur de se confronter à des textes philosophiques, sociologiques, politiques, etc.

Jusqu’à présent, en Chine, les départements de langue sont surtout vus comme des usines de production de traducteurs et d’interprètes. Imitons les Américains, et faisons-en des lieux de réflexion, de recherche, de discussion.

Que nos amis chinois continuent d’imiter les Américains et ils découvriront tranquillement que les livres ne sont pas démodés et destinés à être remplacés par internet, mais au contraire qu’ils sont l’avenir de l’université. La modernisation passera par de nouvelles et gigantesques bibliothèques.

L’avenir du français est inséparable de sa plus haute culture et de ses œuvres les plus exigeantes.

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Published by Guillaume - dans universités
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commentaires

Guillaume 16/11/2007 04:24

Bonne nouvelle, ce qui se passe à Nankin. Moi aussi ça medonne envie d'y revenir travailler un jour. J'avais déjà discuté de ça avec Lumière de l'Aube, qui m'a répondu que ce serait envisageable.

Delphine 15/11/2007 22:29

Très d’accord avec Guillaume. Ce qui est bon dans la mondialisation, c’est de permettre de rénover à l’exemple de bons aspects de l’autre dans le croisement. La Chine adore l’imitation et l’induction, car c’est de sentir dans le concret, de motiver l’intuition pour s’établir, mais c’est délicat car ça risque souvent de se perdre ou d’être déplacé. Quant à la France elle aime trop la révolution et la déduction, et c’est redoutable si elle parvienne chaque fois à la vérité. Ainsi la détresse à gauche comme à droite. Concernant les métériels pédagogiques, en Chine il existe déjà les dons des entreprises aux institutions éducatives, malgré les problèmes comme la corruption et la distribution, il faut du temps pour que ça puisse tourner vers le bon. Quant à la France, c’est dommage et triste que le gouvernement ne donne pas assez d’argent, que les riches ne pensent qu’à la délocalisation et aux expos culturelles superflues(ou la loi ne permet pas de donner de l’argent ??), que certains chercheurs ne travaillent pas assez, me semble-il, pour défendre le trésor intellectuel du pays.

Delphine 15/11/2007 22:25

Ah bon...mais c'est génial, ça m'offre une possibilité de plus, je rentrerai enseigner un jour et pas seulement la langue!! Franchement les étudiants du français ont besoin d’un cours mineur sur la litté et la langue chinois classique, celle-ci incarne aussi l'exactitude des mots (pr la traduction) et la profondeur de la pensée(pr la théorie littéraire/sciences humaines). Par ailleurs, la traduction du français au chinois exige moins la maîtrise en français que celle en chinois à mon sens. Une bonne partie de la traduction de la littérature contemporaine a été faite de façon trop efficace pour qu’elle ne garde l’aspect esthétique du texte originel(des fois c’est par manque de responsabilité des traducteurs aussi). En plus l'Univ de Nankin serait la meilleure dans le sud pour que les deux civilisations humaines se confrontent, dans de différents aspects, comme BeiDa dans le nord, grâce à son dépar. philo et celui du chinois. Fudan a des ressources mais avec moins d'ambiance pour la recherche. A l'Univ Normale de Chine de l'Est c'est l'inverse. Nanda, et Nan Shi Da, ont les deux. Ce qu'elles n'ont pas c'est l'ouverture administrative et la réputation, l'argent. Mais ça peut changer.

Neige 13/11/2007 16:33

L'idée d'établir un centre des études françaises(comme celui des études américaines qui existe déjà) à notre université, avec les coopérations du département de la philosophie et d'autres départements, est apparue dans la tête de notre cher professeur Xu. J'espère que je pourrai voir sa naissance de mes jours.