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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 06:00
Depuis le temps que je dis : « Si j’étais ethnologue,… », il était temps de révéler d’où vient ce désir frustré d’ethnologie. Pendant l’été 2005, j’ai rencontré JB, étudiant en ethnologie, dans les montagnes du Yunnan. Il entreprenait l’étude du chinois, allait entrer en master et comptait faire des recherches sur la sexualité en Chine. Moi, je soignais une maladie mystérieuse qui m’empêchait de dormir, et lui traînait là, en observant les danses tibétaines organisées dans le village, en draguant un peu telle ou telle fille indigène sous le prétexte universellement fallacieux d’échanges linguistiques. Il ne se levait jamais avant midi, je m’en souviens bien, car j’ai toujours vu les lève-tard comme des gens à plaindre. Je plaignais JB de ne pas voir les belles lumières de l’aube, et de n’avoir jamais pu observer le merveilleux manège que faisaient les employées tibétaines aux moments conjugués de la lessive et du lavage des cheveux. La blancheur éclatante des draps sur laquelle se détachait le noir soyeux de leur chevelure faisait une image qui me consolait énormément de mes nuits misérables, d’autant plus que les matinées étaient baignées de leurs chansons lancées de leur voix aiguës. Tout cela, c’était le cadeau que la vie faisait aux lève-tôt. JB avait sympathisé avec les gérants de l’auberge et ne payait plus un centime pour sa chambre. Il donnait un coup de main pour l’accueil des visiteurs, il faisait la conversation, enfin il était là comme chez lui.

Je parle de tout cela, de JB, des danses, de l’auberge et des femmes tibétaines, dans les pages de juillet 2005 du blog Nankin en douce.

Puis, plus aucune nouvelle de JB. Jusqu’à ce que j’annonce la fin de Nankin en douce, en juin 2006, un an plus tard, donc. Le voilà qui refait surface en laissant un commentaire pour dire ce que ce blog avait représenté pour lui, depuis son retour en France. Au passage, il me fait un des plus beaux compliments qu’on puisse faire à un auteur de blog. Ou à un auteur tout court. Il fait des critiques aussi. Il fait un commentaire, au sens littéraire et anthropologique du terme.

Il est retourné en Chine, cette fois avec une bourse universitaire, pour faire son master, à Pékin. Quand je pense que je suis resté à Lyon pendant cinq ans, je me dis que certains savent mieux que d’autres tirer profit de leurs études. M’en fous, je me suis fait de super copains, et j’emmerde tous les JB (sauf mon frère, qui s’appelle aussi JB, et qui est vachement plus costaud que moi !)

Pourquoi je parle de tout cela ? D’abord parce que ça me fait plaisir d’en parler, que c’est une rencontre typique de l’époque des blogs, mi virtuelle mi réelle. Et aussi parce qu’il vient de terminer, et de m’envoyer, son mémoire de master.

Son titre : Construire sa vie. Parcours personnels, relations amoureuses et questions sexuelles au sein de groupes d’étudiants et de jeunes travailleurs à Pékin.

Je suis en train de le lire, alors j’en parlerai une autre fois, quand je l’aurai terminé.

 

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Published by Guillaume - dans sexe-amour
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damien 14/11/2007 16:32

Je lirai ton mémoire avec intérêt JB, merci pour cette proposition. Je n’ai pas d’idées reçues, j'ai des histoires en tête, glanées par expérience et l'expérience des autres, pas des concepts, je ne généralise pas, je n'étiquette pas. Tu me dis que mon message est porteur d’une « idéologie sous-tendue » et cela me fait sourire car ce n’est pas la première fois qu’un universitaire me parle de la sorte. Tout simplement je n’ai pas d’idéologie. Je parle en revanche d’éthique personnelle, c'est pas facile, je me bats parfois avec ça. C'est un concept que les chercheurs en sciences humaines connaissent. En ce qui concerne ta dernière ligne.. tu choisis d’ éluder le problème en le prenant de haut, c’est une réponse en soi.

Jb 13/11/2007 01:16

Merci beaucoup Guillaume pour cet article très sympathique à mon égard. oui, c'est vrai que je ne me levais pas tôt à Zhongdian. Mais cela dit, en général, quand je quittais ma chambre, j'avais déjà fais une bonne séance d'étude du chinois au réveil... ;-)Le commentaire de Damien me parait vraiment tellement carricatural que je me suis demandé s'il n'était pas au second degré... Bon, les idées reçues qui y figurent sur la sexualité des jeunes femmes chinoises me paraissent en elles-même une excellente justification de la nécessité de ma recherche, en même temps qu'une démonstration de son urgence... Les choses ne se passent à l'évidence pas comme cela. Si Damien ou qui que ce soit d'autre souhaite lire mon mémoire, ils peuvent m'envoyer un email (jb.pettier@gmail.com).Cette première critique (sur le thème de la recherche et les à priori affriolants qu'il lui rattache) ne me parait cependant pas avoir la gravité de la seconde (sur le budget). Par delà la confusion des registres (les budgets de l'éducation nationale et ceux de l'enseignement supérieur et de la recherche ne sont à ma connaissance pas les mêmes.), son caractère arbitraire (au lieu de parler à la place des "profs de zep", pourquoi ne pas en parler avec eux?), et sa disproportion (en tout et pour tout, j'ai bénéficié de 800€ d'aide pour ma recherche de master, que j'ai utilisé pour financer moi-même un semestre de cours de chinois à Pékin. Et j'ai bien entendu aussi financé moi-même mes billets d'avion... En revanche, il est vrai que j'ai la chance de disposer à présent, en doctorat, d'une allocation de recherche.), ce qui me parait inquiétant, c'est l'idéologie sous-tendue dans ce message. Toute recherche devrait donc être rentable, utile, à bénéfice immédiat? A l'évidence, si tel était le cas, j'arrêterais mes études, car il me paraitrait fort dangereux que des recherches sur l'impact des réformes actuelles en Chine sur la vie intime de ses jeunes habitants doivent "rapporter"... Le budget alloué à la recherche est extrêmement bas en France. Penser que le supprimer et réorienter ces subsides vers d'autres zones où l'urgence et les besoins sont évidents me parait être une politique de bien courte vue. Il y a toujours des choses plus urgentes que de faire des recherches intellectuelles, qui se basent justement sur un temps d'analyse long. Devons-nous pour autant arrêter de chercher à comprendre le monde?Je laisse le parasitage et le pique-assiette de coté, je pense y avoir déjà répondu.

François 09/11/2007 08:25

J'ignore qui est le François qui a laissé un message pareil , en tout les cas il ne s'agit pas de moi , mais d'un imposteur , ou d'un petit farceur de l'informatique. Moi je pense que tu devrais mettre en ligne ce master.

François 08/11/2007 23:56

mON BON Guillaume , j'igonre ou tu n'en es avec ton cher ton ordi, mai laisse moi te dire que tu devrais passer à d'autres groupes de disucdssioons, on aime bien ce que tu dis, mais on ai est une bonne bande de djeunes qui sfen la guelue qaui se end la guelue et on passe a autre chose quand tu uras marre marre de la chine viens nous nous voir auras voir pn en en marre de la philo et autres baratins de littéraitéraires en fins ds oire on 't'aime a+ Françoiset co

damien 08/11/2007 09:14

Je t'en prie!