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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 02:48
Ce voyage aura beaucoup tourne autour du lac Houhai. A Pekin, il y a, au centre, la Cite interdite, a gauche de laquelle le lac Zhong Hai s'etend de tout son long. Au nord, celui-ce se prolonge par le lac Bei Hai. Lui-meme laisse la place au petit lac Qian Hai qui s'efface devant celui que j'ai beaucoup frequente depuis jeudi soir : Hou Hai.
Si vous allez a Pekin, je vous conseille de louer un velo et de vous promener autour de tous ces lacs, ainsi que dans les ruelles "Hutong" qui, pour celles qui ne sont pas (encore) detruites, gardent toujours un charme extraordinaire pour le voyageur, a chaque fois frappe de stupeur et de melancolie.
Le lac Hou Hai, j'ai du y passer la nuit de jeudi a vendredi, pour des raisons diverses que je ne peux pas etaler ici. Depuis cinq ou dix ans, ce lac voit se multiplier sur ses berges une myriade de bars plus ou moins branches. Apres quelques cafes underground, sont arrives les grands bars scintillants pour les baireaux du week-end.
J'esperais trouver des lieux ou je pourrais me divertir, lire, rencontrer des gens, me laver, dormir un peu ou, du moins, me reposer. 
La plupart de ces bars ferment a deux heures du matin, le jeudi, sachez-le, vous qui louerez des bicyclettes et prevoirez de vous bourrer la gueule au bras de prostituees chamarrees et vindicatives jusqu'au petit matin.
Je marchai, solitaire, sur la rive du lac, ma capuche sur la tete, ravi qu'il ne pleuve pas, ravi d'avoir pense a prendre un vetement chaud, ravi d'etre a Pekin et de voir se detacher, sur le ciel clair de la nuit, des batiments chinois qui datent des Ming.
Je pus me reposer dans le "Zone", loin vers le nord, sur le dernier lac du centre ville, le Xi Hai. Un bar plein de banquettes, isole, qui restait ouvert Dieu sait pourquoi. Je pris un Irish coffee et m'assoupis, sur les quatre heures. On me reveilla vers cinq heures pour que je regle et fiche le camp. 
Cinq heures du matin, j'avais fait le plus dur, j'avais meme reussi a soutirer un peu de sommeil a la ville. Ma nuit blanche serait donc moins dure a recuperer. Je repris ma promenade nocturne en attendant que le jour se leve.
Sans surprise, les berges resonnerent des cris des vieux Chinois venus faire leurs premiers exercices. Les memes cris, exactement les memes sons qu'autour du lac des Nuages Pourpres.
Un sentiment de bonheur tres fort m'enveloppait et me conduisait. J'etais si heureux que je decidais de couler un bronze entre les arbres, dans un coin d'herbe tendre jonchee de feuilles mortes. Feuilles mortes que je destinai a un usage quelque peu prosaique, mais necessaire et respectable.
Je ne savais pas l'heure qu'il etait, tant le brouillard etait epais, mais, bientot, je pris un petit-dejeuner dans un Macdo et disparus dans un taxi pour rejoindre l'hotel, loin dans la banlieue, ou se tenait un seminaire de lecteurs francais des universites de la Chine entiere. Je sechai naturellement les activites du premier matin pour dormir dans ma chambre d'hotel.

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Published by Guillaume - dans villes
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Guillaume 01/11/2007 20:29

Ah, mais au contraire, mon blog s'ennorgueillit d'accueillir des commentaires qui sont dictés par un besoin ou un désir, même et surtout extérieurs au billet d'origine.

jb 01/11/2007 11:48

Mais elle est brillante cette jeune femme! Bravo! Et merci pour les références musicales!J'adorerai que quelqu'un nous fasse bénéficier d'une présentation aussi brillante du hip hop chinois. Un-e volontaire? (Désolé Guillaume, j'exploite abusivement ton blog, mais le mien meurt de mon manque de temps pour y écrire, et le tien est sacrément bien fréquenté, alors... ;-))

Delphine 31/10/2007 14:46

Je m'excuse d'abord pr les fautes grammaticales, mon français recule un peu:/ ...Et merci donc d'avoir compris cela, il est vrai que la chinoiserie n'est pas d'accès facile et incarne une illusion épaise déplorable. A vrai dire j'ai bien des projets d'écriture dans la tête, mais vue des limites de mon énergie et ma capacité en français il m'a fallu de la patience et du temps. Je préfère avancer lentement et avec du temps...Et que je fasse ou non la littérature, c'est sublime pr moi, j'ai oublié la source (peut-être c'est Barthes):"on trouve toutes choses dans la litté, philo, art, socio, politique, n'importe quoi.  La littérature c'est tout.

Guillaume 31/10/2007 00:07

Merci Delphine pour ces éclairants et brillants commentaires. Nous, pauvres étrangers, n'écouteront plus la musique populaire avec la même oreille dorénavant. Quelle nostalgie, pour une si jeune femme! Cela ne m'étonne pas, moi aussi j'étais moins tourné vers l'avenir quand j'étais étudiant, dans les années 90. En tout cas, tu devrais penser à écrire quelque chose en français sur ce sujet, il ne fait aucun doute que cela intéresserait des revues d'études chinoises, ou des revues musicales, ou littéraires, ou politique, et, enfin, n'importe qui.

Delphine 30/10/2007 18:50

C’est tout à l’heure, en réécoutant qq paroles sur l’intenent que j’ai compris une partie de ces mots que j’avais pas compris, j’en ai lu pleines d’allusions sur l’affaire Tian Anmen, sur la déception totale de la société qu’ils y sont. (Pour ceux qui comprennet le chinois, ce serait un bon exercice de dictée..). C’est  donc plus ces paroles que la littérature des 90s à lire, je crois, pr comprendre le tournant idéologique. Je vous propose 4 noms : CUI Jian(« pape du rock chinois continental ») que vous connaissez bien sans doute, son album Jie jue/la solution解决 (1991) (http://mp3.baidu.com/m?tn=baidump3&ct=134217728&lm=-1&word=%BD%E2%BE%F6), dont Une étoffe Rouge(« Ce jour-là tu avais couvert mes yeux et les cieux, avec une étoffe rouge/ tu me demandais ce que j’avais vu, je dis que j’avais vu le bonheur,ce sentiment me rendit bien à l’aise, me faisant oublier que j’avais nulle part à habiter... ») ; Mo Yan San Jie en 1994: (les trois Braves de l’enseigne Mo Yan)-张楚ZhANG Chu, 窦唯DOU Wei(une chanson Wu Di Zi Rong / ne plus savoir où se mettrehttp://www.funmtv.com/Play/cbd/73258.htm, et何勇HE Yong. Ce dernier, plus rap que rock, est mon préféré parmi les trois. Il habite à Pékin et a grandi avec la musique traditionnelle « San Xuan »(sorte de luthe que joue son père) Son unique album est son unique album les Décharges垃圾场, soustitré journal intime du licorne des années 80shttp://www.mtvtop.net/html1/1043.htm : il a su intégrer le folklore de San Xuan dans Zhong Gu Lou/le Clocher钟鼓楼), un air de Yi (nation de minorité) dans les Fantômes (forte allusion des morts à Tiananmen). Il demande « Qui a posé cette question / tellement difficile que la bonne réponse se trouve partout »(Zhong Gu Lou). Il ressemble un peu Artaud, il crie(les Décharges). Ses chansons sont très lourds, surchargés des souvenirs d’une génération et d’une époque.Les jeunes étaient fous pour eux, vers 94 95, puis le mutisme. Aujourd’hui, Cui Jian s’est calmé pour chanter de nouelles chansons plus douces, Zhang Chu prend ermitage à Xi’An son pays natal, He Yong a été « devenu fou » avant d’être libéré en 2004, Dou Wei a été jeté en prison par on ne sait quelle raison. Non pas la politique, mais la société se met contre eux. Leur acuité et puissance n’a pas été continuées chez les rockers plus jeunes(plutôt « faux »selon He Yong car ils ne comprennent pas vraiment la colère de rock qu’ils chantent ; donc c’est kitsch pr moi). Tout est éloigné avec un souffle de nostalgie. Un article parmi les autres critiques musicales(en Chi): http://book.sina.com.cn/leftinrightout/2003-08-27/3/15878.shtmlnb: un mot sur Pékin, cette ville sublime pr moi grâce à ces esprits lucides, près de Hou hai, il y a Nan Luo Gu Xiang(南锣鼓巷)qui me semble pas mal non plus, l'institut cinématographique se trouve dans le hutong de ce quartier et il y avait le pt théâtre expérimental (Bei Bing Ma Si) où l'on montait les pièces "d'av-garde". J'y suis alléee une fois mais un an après il a été rasé.