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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 02:31
En ouverture du 17ème congrès du Parti communiste, ce lundi, le président chinois Hu Jintao a encore rappelé son attachement au rattachement de Taiwan à la Chine. Il a dit qu’il était prêt à négocier avec n’importe quel parti taiwanais. Heureusement qu’il ne cherche pas à négocier seulement avec les partis qui sont acquis à sa cause. Le parti au pouvoir est pour l’indépendance, mais son réalisme le garde pour l’instant de la déclarer unilatéralement. Ce parti risque de perdre les prochaines élections, en mars 2008, car le président est jugé sévèrement pour des scandales divers. Mais son parti reviendra vite au pouvoir s’il le perd un jour, car c’est le parti des Taiwanais, ceux qui ne se sentent pas appartenir à la Chine.

Que faut-il penser de cette énième déclaration officielle à propos de Taiwan ? Certains disent que Hu calme le jeu par rapport à son prédécesseur Jiang Zeming qui parlait de l’éventualité d’actions militaires. L’armée est omniprésente, dans les débats, les manœuvres et les territoires.

La veille des premières élections à Taiwan, la Chine a envoyé des missiles à 25 km des côtes, histoire de se rappeler au bon souvenir des électeurs. Ce geste est extraordinaire, il m’est très difficile de le comprendre, et même de le concevoir. J’y vois une sorte de désespoir, une violence absurde de mari jaloux. Sur un territoire, on tourne une page et on s’apprête à voter ; sur le territoire d’à côté, bras ballants, furieux et impuissants, on envoie des missiles dans la mer. Comme des coups de poing dans un mur.

Alors Hu veut-il arrêter d’envoyer des coups de poing dans le mur ? Arrêter avec les postures martiales qui n’ont rien donné jusqu’à présent ? Trop tôt pour juger, mais restons à l’écoute, ce sera toujours un prétexte, et peut-être un moyen, pour faire l’effort de s’intéresser à ce poussif et archaïque congrès.

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Published by Guillaume - dans Taiwan
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commentaires

Guillaume 19/10/2007 03:04

Merci Chrystèle, pour cet éclairage. Ce serait intéressant de mieux connaître les Hong Kongais par rapport aux Chinois, tu vas nous y aider.

Chrystèle 18/10/2007 15:20

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'aborder ce sujet de façon approfondie.  Il semble surtout que les Hong Kongais aient vécu la rétrocession comme une fatalité. L'indépendance ou l'autonomie, que ce soit vis-à-vis de l'Angleterre ou de la Chine, n'a jamais été une perspective envisageable. Concrètement, j'ai pu constater une différence notable par rapport à mon 1er séjour en 98 : les gens de la rue parlent de moins en moins anglais, le maîtrisent moins bien, au profit du mandarin qui est compris de tous. (Mandarin dont l'enseignement est obligatoire à l'école désormais.) L'anglais n'est pas abandonné, mais reste cantonné à la langue des affaires, et les cours du soir se multiplient pour les jeunes cadres dynamiques.Autre phénomène : la condescendance, voire le mépris parfois, des Hong Kongais pour les Chinois du continent. D'ailleurs, ils font la distinction au niveau du vocabulaire : eux sont Hong Kongais, les autres, Chinois. Hong Kong paraît partagée, en proie à la schizophrénie : elle revendique son identité chinoise mais ne veut pas être assimilée à la Chine continentale. Ce qu'illustre parfaitement le grand écart auquel se livre Donald Tsang.L' humiliation britannique que tu évoques me semble relever sutout de la bonne vieille propagande "poussive et archaïque"...

Guillaume 17/10/2007 09:22

Nico, je ne sais pas si tu es en désaccord avec moi, mais moi je suis complètement d'accord avec toi. Taiwan pour détourner le regard du peuple des problèmes domestiques, et si besoin est, conflit pour mobiliser la population dans un grand mouvement patriotique, c'est ce que je disais à la fin d'un de mes billets sur Taiwan.L'affectif, la sentimentalité n'est en effet pas une cause, mais c'est un style qui accompagne souvent les manoeuvres militaires. Kundera en parle très bien à propos des Russes qui entrent à Prague. Pourquoi voulez-vous partir, vous ne nous aimez pas ? Alors que nous on vous aime tant, etc. L'armée progresse sous Hu évidemment, mais ce n'est pas Hu qui a lancé les missiles dans la mer.Ebolavir, je ne partage pas votre optimisme. J'aimerais le partager ainsi que d'autres qualités qui sont les vôtres et dont vous faites montre sur votre blog, mais plus je vis en Chine, et moins je suis optimiste pour l'avenir. Chrystelle, l'éclairage de Hong Kong est très intéressant. Penses-tu que les Hong Kongais sont dans l'ensemble content d'avoir été rétrocédés ? A la télé chinoise, on voit de reportages de gens qui se réjouissent de la fon d'une vieille humiliation britannique.

Nico 17/10/2007 04:26

Je pense que la position de la Chine par rapport à Taiwan est plus explicable par des interêts de politique intérieure que par une simple histoire affective.L'opinion des Taiwanais entre sans doute beaucoup moins en ligne de compte que le besoin éventuel d'avoir quelques objectifs forts pour maintenir la Chine continentale unie derrière le PCC le jour ou la croissance n'y suffira plus (on peut parler de la disparition des terres cultivables, de l'eau potable, des energies fossiles, du réchauffement climatique... ).Pour ce qui est des missiles, je ne suis pas d'accord avec toi non plus : A ce que j'ai cru comprendre ils continuent à s'accumuler sous Hu Jintao, en même temps que l'effort de modernisation de l'armée et les dépenses militaires continuent de s'envoler (et en gros sont axées sur tout ce qui permet d'aller a taiwan et de dissuader les USA de bouger). Tu peux aussi voir l'article du NYT sur les promotions à la tête de l'armée chinoise ("china promotes taiwan-focused military officers")

François 16/10/2007 21:34

Sans compter que maintenant il y'a l'affaire du dalai lama aux états unis , je me demande ce que peuvent en penser des étudiants de Shangai de cher panchem lama...