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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 11:56

shanghai-044.jpg 

Shanghai change diablement vite. Les lieux de fête passent d’une rue à une autre ; une rue est à la mode, puis se démode très rapidement, à un rythme que, pour ma part, je ne peux pas suivre.

Alors que j’allais boire un verre au Face bar, dans la concession française, je me faisais une joie de longer les bars de Maoming lu. Des lieux de perdition, il n’y a pas d’autres mots, où des femmes presque nues dansent sur des scènes étincelantes. Ces bars, je ne m’y arrête pas mais j’aime leur présence, l’ambiance qu’ils donnent au quartier. Loin d’être fermés et cachés, ils ont pignon sur rue, et des hommes désargentés peuvent se rincer l’œil depuis le trottoir d’en face.

Des entraîneuses vous hèlent et vous promettent des délices pour pas cher. A une certaine heure de la nuit, des filles fatiguées vous prennent la main et vous disent : « Entre ! Femmes gratuites à l’intérieur. » C’est un fait que les filles ne sont pas des prostituées à proprement parler. Elles n’ont pas de maquereau, elles ne couchent pas vraiment ; qu’est-ce qu’elles font, alors, me demanderez-vous ? Je vais vous le dire : elles font la conversation ! Là non plus, il n’y a pas d’autres mots. La conversation, on l’oublie trop, est une activité éminemment érotique, c’est pourquoi beaucoup de femmes y sont performantes. A Maoming lu, les entraîneuses sont payées pour faire la conversation en développant des manières mondaines qui éveillent chez les hommes le désir d’être spirituels et de dépenser leur argent en bière et en champagne.

Au retour des vacances, tous ces bars étaient fermés.

Et les Chinois, quand ils ferment, ils ferment. Ils murent. Les bars ont parfaitement disparu, il n’y en a même plus le contour. A la place, un mur bien propre. Cette rue s’était visiblement démodée au profit d’autres rues, mais là, c’est l’extinction pure et simple qui est visée.

Quand vous viendrez à Shanghai, tandis que vos guides de voyage vous recommanderont toujours Maoming lu pour vous ressourcer le soir, la ville sera déjà ailleurs, les habitants du quartier vous diront qu’il n’y a jamais eu de bars de nuit, regardez ces murs et ces immeubles ! Immaculés.

Le Face bar, heureusement, ne se démode pas et ne propose d’ailleurs pas de ces conversationnistes pétulantes.

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Published by Guillaume - dans sexe-amour
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Guillaume 19/09/2008 09:00

Alors, ce serait emprunté au latin, figure-toi : petulans, petulantis «toujours prêt à attaquer, effronté, impudent», de petere «chercher à atteindre, attaquer, assaillir». De là, pétulant n'a quasiment pas bougé pour signifier "impétueux". C'est fou cette constance terminologique, surtout pour un mot aussi bizarre et aussi fougueux.

michel jeannès 18/09/2008 19:27

"pétulantes."effectivement, la pose de la jeune femme colle au qualificatif.Tiens, je vais en vérifier l'étymologie (du terme).

Guillaume 18/09/2008 08:03

Je suis sûr que la fille de la photo est bien plus équilibré que moi. Nul doute là-dessus. Même constat concernant toutes ces créatures dansant à moitié nue sur les comptoirs éclatants. Merci, Fred, de m'avoir donné l'occasion de relire ce billet qui, dans ma grande immodestie, m'a fait rigoler.

Fred 18/09/2008 07:09

Vitesse de la ville. C'est intéressant comme idée. La ville vous échappe et va trop vite pour vous, cependant que ce que tu as trouvé de mieux pour nous parler des vices de la nuit shangaienne, c'est la conversation. On se de mande, entre toi et la fille aux fesses rebondie de la photo, qui est le plus perverti.

Guillaume 09/09/2007 03:57

C'est ce qu'on peut se demander, mystérieuse Elle. Pourquoi avoir muré Maoming lu et pas Julu lu. J'y suis passé à vélo pour m'assurer que les bars étaient toujours là, et mon impression est que les établissements élégants empiètent, selon la loi de l'offre et de la demande peut-être, sur la section de la rue qui héberge les bars de nuit.