Mercredi 30 avril 2008
Comparé à la poésie, la musique, la calligraphie, les arts martiaux et la cuisine, l'art des jardins semble être laissé de côté
dans l'éducation des jeunes Chinois. Ils ne connaissent pas très bien ce domaine, se trouvent démunis quand on leur pose des questions, répondent par des généralités.
J'ai fait un sondage dans une classe : 1/3 des étudiants n'étaient jamais allés au jardin de Shanghai, 1/3 y était allé une fois et 1/3 plus d'une fois, mais presque tous y sont allés avant l'âge de 15 ans. Autant dire qu'on ne leur a pas donné les moyens de pénétrer ces espaces si complexes.
Par exemple, à qui poser cette question, et qui répondra : la première photo me paraît plus "authentique", est-ce stupide ? La deuxième photo montre que les jardiniers ont ajouté des fleurs, mais des fleurs qui nous semblent décoratives, sans signification, déplacées.
Photos, Cécilia de Varine ©
Ce rose, ce mauve, ce camaïeux déplaisent spontanément au voyageur, mais il ne sait pas si cela vient de ses habitudes de perceptions ou de la maladresse de jardiniers à qui l'on a demandé des couleurs pour égayer les promendades de touristes.
Après tout, nous voyons les vieilles églises en blanc, alors qu'elles étaient peintes de mille feux il y a mille ans. Nous avons été gênés de voir les couleurs retrouvées des tableaux de la Renaissance car nous étions attachés à la patine du temps, aux couleurs délavées. Le délabrement des lieux et des choses étaient devenus à nos yeux la quintessence de la haute culture. Alors qu'en est-il des jardins chinois ?
Ma question est la suivante : ces fleurs sont-elles vraiment à leur place ? Ce massif était-il destinés à être coloré, au risque que les relations entre les pierres, les troncs et la verdure se noient ?
Plus je regarde les deux photos l'une après l'autre, plus je doute.
J'ai fait un sondage dans une classe : 1/3 des étudiants n'étaient jamais allés au jardin de Shanghai, 1/3 y était allé une fois et 1/3 plus d'une fois, mais presque tous y sont allés avant l'âge de 15 ans. Autant dire qu'on ne leur a pas donné les moyens de pénétrer ces espaces si complexes.
Par exemple, à qui poser cette question, et qui répondra : la première photo me paraît plus "authentique", est-ce stupide ? La deuxième photo montre que les jardiniers ont ajouté des fleurs, mais des fleurs qui nous semblent décoratives, sans signification, déplacées.
Ce rose, ce mauve, ce camaïeux déplaisent spontanément au voyageur, mais il ne sait pas si cela vient de ses habitudes de perceptions ou de la maladresse de jardiniers à qui l'on a demandé des couleurs pour égayer les promendades de touristes.
Après tout, nous voyons les vieilles églises en blanc, alors qu'elles étaient peintes de mille feux il y a mille ans. Nous avons été gênés de voir les couleurs retrouvées des tableaux de la Renaissance car nous étions attachés à la patine du temps, aux couleurs délavées. Le délabrement des lieux et des choses étaient devenus à nos yeux la quintessence de la haute culture. Alors qu'en est-il des jardins chinois ?
Ma question est la suivante : ces fleurs sont-elles vraiment à leur place ? Ce massif était-il destinés à être coloré, au risque que les relations entre les pierres, les troncs et la verdure se noient ?
Plus je regarde les deux photos l'une après l'autre, plus je doute.
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