C'est l'effet papillon à l'envers. Une catastrophe qui cause des milliers de mort en Chine provoque, à la suite de répercutions infinies, un tremblement d'aile de papillon dans une province éloignée.
La terre a tremblé dans le Sichuan, à 14h28 aujourd'hui, et la secousse a été perceptible jusqu'à Shanghai et Pékin.
Un séisme d'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, selon l'agence Xinhua. Nul doute qu'un cortège de victimes va être dénombré dans les jours à venir, sauf si, par extraordinaire, l'épicentre est situé dans les montagnes isolées du plateau tibétain.  
En tout cas, croyez-le, croyez-le pas, à Shanghai, je n'ai rien ressenti. Pourtant je suis sensible aux tremblements, surtout quand ils viennent des autres. J'ai marché, je me suis couché à plusieurs reprises, j'ai corrigé des mémoires pieds nus dans un parc, j'ai fait du vélo, mais non, rien de rien.
Autour de 14h28, néanmoins, je dois reconnaître que j'ai ressenti une forme de fatigue, quelque chose qui m'a conduit à adopter une position horizontale, et il est possible que j'aie glissé dans le sommeil à ce moment-là. Serait-ce un effet du tremblement de terre, comme une profonde et vaste berceuse ?
Il faudrait alors que je me souvienne de mes rêves. On ne sait jamais, il y aurait peut-être une découverte à faire. De quoi rêve-t-on quand on est bercé par le grondement de la tectonique des plaques ?
De papillon, comme mon ami Zhuang Zi l'a fait autrefois ? Et si l'effet papillon venait de là : on se rêve en papillon chaque fois que la terre tremble ? Et après, en les observant, on s'est mis à extrapoler sur les effets en chaîne d'un coup d'aile de papillon. 
Mais bien sûr, on ne va pas demander aux sinistrés du Sichuan de nous raconter leur rêve au moment où il va falloir faire appel à l'aide internationale, et fouiller les décombres, et reloger tout le monde... 

Il paraît qu'il est de bon ton de décourager les jeunes gens qui veulent enseigner notre langue et notre culture à l'étranger. De mon côté, je vous dis que si la Chine vous attire, allez-y, allez-y de toute votre force, elle vaut immensément le coup. Mais qu'on me permette de donner quelques conseils.
Les universités recrutent souvent des profs français. Chaque rentrée universitaire, il y a dans le pays un grand renouvellement des "lecteurs étrangers", car ceux-là ne restent en général qu'un an, et rares sont ceux qui restent plus de deux ans. Pour être embauché, assurez-vous d'être titulaire d'un master.
Ne cherchez votre université depuis la France, car les Chinois aiment que cela se passe par relations. Alors que l’on cherche mon remplaçant pour l’an prochain, mes supérieurs répugnent à lancer une annonce officielle. Ils préfèreraient que quelqu’un émerge du tissu de relations qui entoure et enveloppe la fac. Donc, mon conseil serait que vous veniez d'abord en Chine, à l'aventure par exemple, avec un visa de touriste, et qu'une fois sur place vous circonveniez le monde universitaire, vous vous fassiez connaître, vous offriez des coups à boire, vous proposiez vos services pour des interventions extérieures dans les amphis et les classes, etc. Bref, vous entrez dans un réseau.

Avec les étudiants chinois, il est bon d’être affectueux car leurs relations aux professeurs est familiale, et en quelque sorte un peu filiale. L'université n'est pas un lieu d'autonomie, les étudiants sont encore extrêmement protégés et ils attendent des profs des sentiments, de la chaleur, de la communication. Ils préfèreront toujours un joyeux médiocre à un brillant savant qui ne s'occupe pas d'eux. Selon votre sexe, votre âge et votre personnalité, vous prendrez à leurs yeux le rôle de mère, de père, d’oncle ou d’ami. S’il est bon de jouer ce rôle affectif, une mise en garde s'impose toutefois : il faut savoir gérer des moments de crise, de tension, de déception ou de colère, qui vous tomberont dessus sans que vous vous y attendiez. Dans ce cas, l'affectivité de départ trouble les choses, et il est nécessaire qu'une espèce de conscience professionnelle préside aux effusions. Le jeune prof qui a séduit sa classe en deux heures et qui pense, pendant un mois, maîtriser la situation, peut être très vite débordé, ou désemparé, devant une attitude collective qu’il ne comprend pas. Il se croyait aimé, il ressent un rejet ; il se croyait respecté, il a l'impression qu'on se fout de lui ; il doit savoir garder son calme et, s’il exprime son mécontentement, ce doit être en tant que professeur et avec mesure, et non avec l'amertume qu'on se permet d'avoir avec les amis, ou les membres de la famille. Vous serez toujours un étranger et si vous vous énervez, on ne vous comprendra pas. 

Il faut savoir durer. Séduire, ou conquérir une classe pendant un cours, c’est facile, rester sur une bonne dynamique pendant quelques semaines aussi, surtout avec les Chinois qui peuvent être disciplinés et accueillants. Mais la temporalité est problématique. De nombreux professeurs ne tiennent pas longtemps, que ce soit pour des raisons de tensions avec les étudiants, ou avec les collègues, ou avec les supérieurs, ou avec l’administration ou avec le consulat. C’est au point que je considère que le meilleur critère pour juger des profs en Chine est : tenir. Durer, ne pas céder à l’usure, ne pas se répéter, ne pas ennuyer les étudiants, ne pas s'ennuyer des étudiants.

photo Michel Jeannès ©








Photos : Cécilia de Varines ©

Parlons encore des femmes chinoises, puisqu'il n'y a que cela qui vous intéresse, à juste titre.
La première est en France, la deuxième en Chine.
Lire le
blog de Tong, est un baume sur le coeur de tout Français vivant en Chine. Enfin une Chinoise qui fait l'effort de comprendre comment on pense ailleurs. Qui écrit en deux langues ses réflexions sur l'actualité et les différences culturelles entre la Chine et la France. C'est un baume, une musique délicieuse pour moi car, si souvent, ce que j'entends de la part des Chinois consiste à une boursouflure des grandes qualités présumées des Chinois - nous sommes modestes, nous sommes hospitaliers, nous sommes respectueux, nous sommes traditionnels, nous sommes travailleurs - par opposition desquelles les Occidentaux sont définis - vous êtes fiers, vous êtes individualistes, vous êtes violents, vous êtes décadents, vous n'aimez pas travailler.
Ces temps-ci, un Chinois qui oserait avancer d'autres arguments seraient lynchés. Nous assistons à des scènes, dans la vie réelle, et surtout sur internet, où des jeunes nationalistes tombent à bras raccourcis sur une fille ou un garçon qui a osé appeler au dialogue, ou qui défend une manière de penser un peu tolérante.  
Tong, dont j'ai déjà parlé dans un billet précédent, et dont je reproduis la photo tirée de son blog (sans lui avoir démandé l'autorisation, et, Tong, je l'enlève si tu le désires), se permet, avec force et douceur, de réfléchir.


Elle s'interroge sur l'unanimité d'opinions des Chinois et sur l'image que cela peut produire, vu de l'extérieur. Elle ne milite pas, ne cherche pas à influencer qui que ce soit, mais son attitude intellectuelle est un motif d'espoir. Pour l'instant, elle a réussi à ne pas se faire incendier par des hordes de nationalistes. Espérons qu'elle passe entre les gouttes des paroles ordurières qui se déversent sur internet.
Un motif d'espoir car nous avons besoin d'individus qui comprennent les autres, sans juger.
Je connais, à Shanghai, une autre femme qui possède de nombreuses qualités intellectuelles très utiles pour l'avenir de l'université chinoise : curiosité, sens du dialogue et de la rencontre, intelligence, volonté de comprendre, sens de la recherche, capacité de traduction, ouverture d'esprit, volonté d'élargir ses connaissances, capacité d'adaptation hors du commun. Je n'appelle pas cela des qualités occidentales, ni françaises, mais des qualités humaines, parmi d'autres, que des Chinois, des Français, des Inuits ou des Africains peuvent posséder tout aussi bien.
Il me semblait que son exemple allait inspirer ses concitoyens, au moins leur donner des idées, des pistes à suivre. Or, plutôt que de considérer cette femme comme un modèle à suivre, je sens qu'au contraire ses jeunes compatriotes la considèrent avec suspicion. Une méfiance polie la tient à distance, et il ne vient à l'idée de personne de lire le livre qu'elle a publié l'an dernier, ni de se rapprocher d'elle ou de mettre à profit ses qualités et son aura auprès de nombreux Français.
De mon côté, je cesse de parler d'elle car je vois maintenant des regards ironiques quand je le fais et que cela devient contre-productif : ce n'est pas moi qui vais faire avancer sa cause, un étranger ne peut que maculer d'impureté l'image qu'il cherche à promouvoir.
Malgré tout, nos communautés ont besoin d'individus à l'avant-garde, qui soient capables d'aller vers les autres, au point de s'imprégner de leur culture, pour ensuite l'expliciter par des gestes, des façons d'être, des paroles, au risque de paraître altéré aux yeux des plus réactionnaires. Les femmes, c'est ici une hypothèse, ne seraient-elles pas souvent plus aptes que les hommes à aller voir, en éclaireuses, sur les terrains des autres, à surfer sur les lignes des autres ?

 

Photos Cécilia de Varines ©

Les cadrages se réduisent parfois à une rigueur de lignes extrême. Une rectitude implacable qui en impose considérablement au voyageur. Le jardin Yu, qui se caractérise par ses volutes, ses nuages de pierres, sa matière dilatée, ses conflits dynamiques entre architecture et éléments naturels, le foisonnant jardin Yu devient par moment austère, sévère, à la limite de l'abstraction japonaise, et proche de l'esprit de l'architecture moderniste.
Cet arbre droit, derrière la fenêtre, repose l'esprit du voyageur qui a été confronté depuis deux heures aux formes tortueuses, aux mouvements des poissons, aux rêveries curvilignes. Mur blanc sur mur blanc, la composition redonne confiance dans l'immobilité des choses. Seul le bambou rompt discrètement avec la stricte alternance entre verticalité et horizontalité, et raffraîchit le moment de silence et de méditation monacale auquel ce lieu invite. 



Il n'y a pas que les ouvertures qui sont variées et changeantes, il y a aussi ce que l'oeil regarde au loin. L'aménagement de zones d'ombre près de soi et de zones lointaines éclairées, attirant l'oeil. Les fenêtres et les portes permettent donc de redoubler la circulation du promeneur, en ajoutant le réseau des lignes de vision aux courbes labyrinthiques de la marche.



Il arrive que le voyageur confonde ces fenêtres avec des miroirs. La répétition  des motifs architecturaux, des grilles ornementales, des toits, aident à cette confusion. D'ailleurs, elles sont un peu des miroirs, puisqu'elles donnent toujours à voir l'intérieur du jardin ; les fenêtres d'un jardin chinois est un lieu d'où le jardin se contemple lui-même, par où la concubine voit une autre concubine. Pour le maître des lieux, en revanche, nul besoin de réflexion puisque l'oeil n'a aucune échappée vers l'extérieur.  


Le maître jardinier connaît l'art des distances. Grâce à des portes, des zigzags et des éclairages variés, il fabrique des machines de vision qui démultiplient les capacités de l'oeil nu. Choses lointaines cadrées par des fenêtres proches, ou cadres lointains mettant en valeur la concubine qui, là-bas, ne se doute pas que deux yeux noirs la regardent.   

Comparé à la poésie, la musique, la calligraphie, les arts martiaux et la cuisine, l'art des jardins semble être laissé de côté dans l'éducation des jeunes Chinois. Ils ne connaissent pas très bien ce domaine, se trouvent démunis quand on leur pose des questions, répondent par des généralités.
J'ai fait un sondage dans une classe : 1/3 des étudiants n'étaient jamais allés au jardin de Shanghai, 1/3 y était allé une fois et 1/3 plus d'une fois, mais presque tous y sont allés avant l'âge de 15 ans. Autant dire qu'on ne leur a pas donné les moyens de pénétrer ces espaces si complexes. 
Par exemple, à qui poser cette question, et qui répondra : la première photo me paraît plus "authentique", est-ce stupide ? La deuxième photo montre que les jardiniers ont ajouté des fleurs, mais des fleurs qui nous semblent décoratives, sans signification, déplacées.




Photos, Cécilia de Varine ©
Ce rose, ce mauve, ce camaïeux déplaisent spontanément au voyageur, mais il ne sait pas si cela vient de ses habitudes de perceptions ou de la maladresse de jardiniers à qui l'on a demandé des couleurs pour égayer les promendades de touristes.
Après tout, nous voyons les vieilles églises en blanc, alors qu'elles étaient peintes de mille feux il y a mille ans. Nous avons été gênés de voir les couleurs retrouvées des tableaux de la Renaissance car nous étions attachés à la patine du temps, aux couleurs délavées. Le délabrement des lieux et des choses étaient devenus à nos yeux la quintessence de la haute culture. Alors qu'en est-il des jardins chinois ?
Ma question est la suivante : ces fleurs sont-elles vraiment à leur place ? Ce massif était-il destinés à être coloré, au risque que les relations entre les pierres, les troncs et la verdure se noient ?

Plus je regarde les deux photos l'une après l'autre, plus je doute.
Photo Cécilia de Varine ©

Les vieux maîtres jardiniers cultivaient l'art du cadrage, des siècles avant la photographie. Parfois, ils dressaient des murs et des écrans pour le seul plaisir de mettre en valeur ce qu'ils plantaient derrière. Ils pouvaient élaborer des arrangements floraux complexes, créer des illusions entre le minéral et le végétal, et ne proposer aux promeneurs qu'une ouverture carré qui n'en montre qu'une petite parcelle. L'oeil reconstituera, ou pas, l'ensemble du paysage.
Cette photo a été prise au jardin Yu, de Shanghai. Elle me fait irrésistiblement penser au cinéma, aux paysages de westerns américains. L'éclairage du soleil de mi-journée donne une illusion de profondeur qui me ravit. Voilà un moment de repos qui met le voyageur à distance. Parfois, on entre dans un jardin comme dans un intestin. Parfois, comme ici, il fait le spectacle en nous laissant dehors, en nous en séparant par un cadre.

Le jardin chinois souffre de son nom. « Jardin », cela évoque un lieu tranquille et reposant, avec des massifs de fleurs harmonieusement disposés. Les gens ont perdu le sens profond, non pas du mot jardin, (quoique si, aussi, du mot jardin) mais de ce que cela représente en Chine. Même les sinologues sont embarrassés. Marchez dans un jardin avec un sinologue, il déchiffrera les calligraphies, trouvera du sens par rapport à l’histoire écrite et vous fera comprendre des choses qui sont exprimées par le langage. Ce sera extrêmement intéressant, mais cela vous fera passer à côté du truc. 

Les jardins chinois sont des créations inouïes et profondément troublantes, opérant des jeux avec l’espace qui sont de véritables mystères philosophiques. Ils proposent, chacun à sa manière, des distorsions d’éléments naturels qui entraînent le lettré dans une dynamique constante et une tension mentale variée, au fil de la promenade. Un jardin n’est pas nécessairement beau ni harmonieux, et il n’est jamais joli. Dire d’un jardin qu’il est très joli, c’est comme dire que le Retable d’Issenheim est plaisant à voir, ou que la Passion selon Saint Matthieu de Bach est composée d’aimables chansons.

Si vous n’êtes pas sûr de votre regard, si vous avez conscience des lacunes et des limites expressives de vos perceptions, alors il vaut mieux des artistes, plutôt que des sinologues, pour vous accompagner dans les jardins. Pas des « artistes sinologues », dont le travail se situeraient entre la calligraphie et l’art moderne, car ceux-là intègrent tout ce qu’ils voient en Chine dans un discours stéréotypé, mais des artistes occidentaux qui n'ont pas de connaissance préalable de l’Asie. Ils vous révéleront, par leur stupéfaction et leurs prises de vue (s’ils dessinent ou font des photos), que vous êtes dans un lieu d’accélération perceptive, un lieu qui fait proliférer les espaces, les lignes et les volumes, les pensées et les émotions.

C'est une des raisons pour lesquelles je suis content d'avoir des artistes à la maison. Cécilia et Michel se promènent en Chine avec le regard déjà très entraîné et affûté. Le regard, mais aussi l’ouïe et tous les sens. Parfois, ils branchent un micro et enregistrent les sons. Dieu sait ce qu’ils produiront avec tout cela.

Dans les jardins chinois, ils ressentent un choc, un choc qui les affecte physiquement, qui trouble leur sommeil et leur fait mal au ventre. Quand ils entrent dans un rocher et se perdent dans le labyrinthe qui est creusé en son sein, ils ne pensent pas que c’est joli, mais ils vivent une expérience plus proche de ce qu’a imaginé le maître jardinier que tout ce que pourrait enseigner un guide touristique : expérience concrète du souffle, de la perte, de la transformation des êtres, de la porosité du monde. Ils expérimentent réellement que des choses petites deviennent immenses, que le haut et le bas s’intervertissent et se mélangent, que c’est incompréhensible et que c’est impossible.

Alors, sans avoir besoin de pousser des exclamations, comme le font les Américains en Italie, ils somatisent et tombent malade.

C’est ça le voyage, on tombe malade.

 

Plusieurs Français sont arrivés récemment. Une petite stagiaire (les stagiaires sont souvent qualifiées de petites, je crois ; je n'en suis pas certain car c'est la première fois que j'en ai une sous ma responsabilité) et un couple d'amis que j'héberge.
La petite stagiaire a dû aller plusieurs fois à la police pour s'enregistrer, et le nombre de papiers à fournir m'a fait pâlir. En plus du passeport, toute sorte de certificats d'hébergement, de papier concernant le propriétaire du logement qui accueille l'étrangère.
Je craignais de devoir passer une journée ou deux au commisariat, puisqu'à ma vieille habitude, je n'ai jamais tous les papiers requis en règle.
Je me renseigne à l'accueil de ma résidence (sorte d'hôtel pour résidents étrangers travaillant à l'université Fudan), où la dame m'explique qu'a priori non, je n'ai pas à aller voir les forces de l'ordre et de la paix harmonieuse. Je demande une ferme confirmation en étouffant ma joie. Nous appelons les bureaux des affaires étrangères de la fac qui confirment. Un scan des passeports de mes amis suffira.
Déjà, la veille, quand ils étaient arrivés, mes amis n'avaient pas eu à signer de papier à l'hôtel, alors que d'habitude, dès que quelqu'un reste dormir chez moi, il faut remplir des formulaires.
Dans un contexte tendu dont tout le monde dit qu'il faut être vigilant, aller à la police, respecter la loi, ne pas se laisser séduire par des extases tariffées, voilà des Français, artistes de leur état qui plus est, donc potentiellement terroristes, laissés tranquilles dans le domicile précaires mais protégés d'un professeur à la petite semaine.
C'est à n'y rien comprendre et à perdre foi dans le système bien huilé de l'administration totalitaire. J'ai envie de dire : "réveillez-vous les policiers du ouèbe, et venez mettre au clair la situation de ces mangeurs de tripes."

Je soutiens la campagne de « presse » et je hurle avec les loups : il y en a marre de ces Français qui donnent des leçons à tout le monde avec leurs droits de l’homme dont on ne sait même pas ce qu’ils veulent dire.

Boycottons leurs produits, cela ne leur fera pas de mal. Quand un milliard de Chinois arrêteront d’acheter leur eau à 10yuans la bouteille, ils feront moins les malins. Même chose pour Cartier, Dior et tutti quanti. Je suggère que nos amis chinois qui voulaient faire un cadeau à leur femme se fournissent chez un bijoutier local et un couturier respectueux de l’empire du milieu.

Nous ne devons pas nous arrêter là. Ne plus faire ses courses chez Carrefour, d’accord, mais cela signifie qu’il faut prendre le métro pour aller chez Wall Mart, c’est-à-dire le géant américain, ce qui ne fait pas tellement nos affaires, alors bon, moins de Carrefour quand même, pour leur montrer, à ses romantiques fumeux qui gagnent des millions sur notre dos, mais surtout, arrêtons de manger leurs fromages qui puent, leur vin à 200 yuans la bouteille, leur foie gras dont on n’apprécie même pas le goût. Mais attendez une seconde, qui consomme ces produits, en Chine ?

Ce n’est pas le moment de réfléchir. Réfléchir nous empêche de boycotter.

Arrêtons de prendre leurs avions, arrêtons de consommer l’électricité produite par leurs centrales nucléaires. J’irai même plus loin, et ça, ça les ennuiera profondément : comme les portes des métros sont produites par une entreprise française, boycottons le métro !

Signé : nous, la société civile, qui ne nous laissons pas marcher sur les pieds.

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